1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Centrafrique : François Bozizé bientôt devant la justice

Jean-Fernand Koena
2 février 2026

Le procès de François Bozizé, poursuivi devant la CPS pour des faits de meurtre, d'emprisonnement et de torture devrait s'ouvrir bientôt.

Francois Bozize en janvier 2020
François Bozizé est poursuivi pour avoir fait interner, torturer et assassiner ses opposants.Image : Florent Vergenes/AFP

Le procès de l'ancien président centrafricain, François Bozizé, est entré dans une phase décisive. La chambre d'instruction de la Cour pénale spéciale a officiellement saisi la Chambre d'assises et celle-ci devrait, sous peu, annoncer une première audience. Alors que celui-ci vit en exil en Guinée-Bissau, en dépit de la délivrance d'un mandat d'arrêt international, la cour n'écarte pas l'idée de le juger par contumace. Les victimes, pour leur part, sont soulagées que le procès soit désormais proche. 

Des anciens détenus se souviennent

François Bozizé est poursuivi pour des actes commis dans la prison civile de Bangui et dans le Centre d'instruction militaire de Bossembelé, dans lequel il a fait interner, torturer et assassiner ses opposants.

Ses trois coaccusés sont incarcérés et les dossiers sont prêts à être jugés. Les victimes, à l'exemple de Maximilien Proson, attendent beaucoup de cette future audience.

" Il faut que lui-même soit jugé et condamné. Nous qui ne sommes rien, on est venu nous arrêter sans procédure pénale, on nous a transférés et incarcérés dans la prison de Bossembélé pendant une année et demie" rappelle-t-il.

Lors de cette arrestation Maximilien assure avoir perdu sa femme, son enfant et aussi son travail. "Jusque-là, ma vie n'est plus ce que j'ai eu à vivre auparavant" assure-t-il.

"François Bozizé sera jugé dans une affaire jointe"

This browser does not support the audio element.

Francisco Ouilibona était commerçant devant le supermarché Rayan, en 2010. Il était soupçonné d'être un opposant et a été incarcéré, lui aussi, au centre de Bossembélé. 

"Dans mon procès-verbal, ils ont tenté de falsifier les faits, m'attribuant ainsi certains propos, alors que ces propos n'étaient pas les miens. J'ai refusé, disant que je ne voulais pas porter la croix de quelqu'un d'autre. Mais le substitut du procureur, Djoubaye Abazène, m'a condamné. J'ai fait de la prison pour rien. J'ai perdu mon capital et ma famille" raconte Francisco à la DW.

Un jugement par contumace

L'ancien président centrafricain ne devrait pas être présent lors de la prochaine audience. Les autorités bissau-guinéennes refusent en effet de l'extrader et ignorent le mandat d'arrêt international délivré par la CPS.

Gervais Bodagaye, le chef de la division communication de la CPS semble estimer que le jugement par contumace demeure l'option la plus probable.

"François Bozizé sera jugé dans une affaire jointe. La Cour Pénale Spéciale va commettre un avocat d'office et cet avocat aura la charge d'apporter des éléments, allant dans le sens de décharger l'accuser qui est monsieur François Bozizé Yangouvonda" explique-t-il.

Les victimes qui poursuivent leur combat pour que l'ancien président centrafricain soit jugé ont encore un faible espoir que les autorités bissau-guinéennes changent d'avis et consentent à extrader François Bozizé, afin qu'il puisse comparaître à son procès. 

Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW