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Élections en Centrafrique : les attentes des jeunes

Jean-Fernand Koena
28 novembre 2025

Les Centrafricains sont appelés aux urnes le 28 décembre et les jeunes qui voteront pour la première fois cette année ont des attentes fortes vis-à-vis des futurs dirigeants.

Des jeunes devant un kiosque.
Les jeunes centrafricains souhaitent des réformes après les élections du 28 décembre.Image : Jean-Fernand Koeana/DW

On les appelle les "cherchés à manger". Ce sont des jeunes désœuvrés, étudiants ou ouvriers. Tous espèrent des futures autorités en Centrafrique une amélioration sensible de leur quotidien.

Au Centre des métiers d'arts, Brunel tente de se former à la conception et à la fabrication de bijoux. Son souhait : que les prochains dirigeants investissent enfin dans des entreprises nationales de transformation.

Il insiste sur le fait que le plus important "c'est d'abord d'avoir la stabilité pour permettre aux autorités de créer les conditions favorables pour que les fils et filles du pays puissent travailler".

Brunel estime que ce serait bien par exemple de"mettre en place une entreprise nationale de bijouterie pour fabriquer bagues, bracelets, ou encore lancer un atelier de maroquinerie pour produire des ceintures et des chaussures".

La succession de crises a durement frappé le système éducatif, poussant de nombreux jeunes à rêver d'un avenir à l'étranger.

Un besoin de réformes profondes

À l'université de Bangui, Leslie Monika attend une réforme profonde du secteur, notamment une lutte ferme contre la corruption scolaire et universitaire.

Elle souhaiterais que le ministère de l'Éducation "mette plus de rigueur dans l'organisation des études, qu'il lutte contre la corruption et qu'il valorise réellement la formation".

Selon Leslie Monika "quand on prend un étudiant, on doit reconnaître la valeur de ses diplômes", ceci permettra d'éviter "d'envoyer nos jeunes à l'extérieur poursuivre ce qu'ils pourraient apprendre ici ".

Ecoutez les explications de Jean-Fernand Koena

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Beaucoup de jeunes Centrafricains sont aussi travailleurs manuels, souvent sous-payés, comme Icôme Ikar, constructeur métallique.Pour lui, la priorité reste la sécurité, indispensable selon lui pour relancer l'activité et attirer les investisseurs.

"Si le pays est sécurisé, nous pourrons bien travailler et nourrir nos familles. Après les élections, nous voulons la paixpour avancer. Nous avons besoin d'investisseurs. Mais quand ils arrivent, il faudrait aussi une protection pour les nationaux. Souvent, ils préfèrent coopérer avec les étrangers. Les autorités doivent regarder cela pour que nous puissions aussi bénéficier des retombées" précise Icôme Ikar.

Faire des jeunes "des acteurs engagés"

Pour l'économiste Abel Yanguel, les jeunes doivent rester des acteurs engagés et lucides dans le processus démocratique, afin d'éviter toute forme de manipulation politique.

Selon lui "les jeunes doivent prendre conscience de leur avenir , faire une analyse et voir à qui et sur qui la jeunesse peut compter pour porter sa voix".

Ces élections se préparent dans un contexte où le poids démographique des jeunes est considérable, mais où cette même jeunesse ne se sent pas souvent prise en compte par les décideurs politiques.