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En Centrafrique, la crainte d'une apparition d'Ebola

Jean-Fernand Koena
14 septembre 2026

L'extension de l'épidémie d'Ebola à la province du Sud-Oubangui congolais, frontalière avec le Congo-Brazzaville et la Centrafrique, suscite des inquiétudes.

Des personnes portant des combinaisons de protection contre Ebola
Alors que l'épidémie progresse toujours en RDC, les pays voisins comme la Centrafrique tentent tant bien que mal de se protéger.Image : Benediction Murhabazi/AFP

Mongoumba, dans le sud de la Centrafrique. Ici les échanges commerciaux sont importants entre les populations du Congo-Brazzaville, de la RDC mais aussi des Centrafricains. Mais derrière ces bruits qui animent la ville, il y a la crainte de l'épidémie d'Ebola.

L'inquiétude des riverains

Héritier Mbapia est inquiet de l'avancée d'Ebola vers la Centrafrique. "Notre frontière avec la RDC n'est pas assez longue et ceux qui sont de l'autre côté sont exposés à l'épidémie. De notre côté, nous sommes angoissés. Les uns et les autres se demandent quoi faire", assure Héritier Mbapia.

Aimé, lui, est chauffeur. Il transporte jusqu'à Bangui les marchandises venant de la RDC. Il se dit aussi inquiet face à l'apparition d'Ebola de l'autre côté du fleuve Oubangui. 

Selon lui, "c'est un phénomène récurrent côté zaïrois (RD Congo)". Mais il estime que "c'est à nous Centrafricains dans notre rapport et collaboration avec les Congolais de la RD Congo de nous protéger en respectant les mesures barrières."

La lutte contre Ebola passe par le respect des gestes barrières.Image : Jospin Mwisha/AFP

Les autorités tentent de rassurer

Le ministre de la Santé Dr Pierre Somsé multiplie les déplacements sur le terrain pour renforcer la sensibilisation, le plateau technique et le dispositif de riposte. A Mongoumba tout comme à Bangassou, localité en face de la RDC, le ministre veut faire passer un message clair : la prise de conscience de la population face au danger. 

Il insiste sur le fait qu'il y a "les pratiques culturelles, les coutumes qui font aujourd'hui les lits de l'épidémie, le refus notamment de la population d'abandonner les rites funéraires et d'observer les restrictions qui sont conseillées par l'Organisation mondiale de la Santé. " 

Dr Pierre Somsé projette d'installer un laboratoire mobile avec une technologie de pointe pour faire face aux maladies virales. Dans ce contexte d'angoisse, les recherches faites à l'Institut pasteur de Bangui attestent que certaines personnes sont en contact avec le virus sans développer la maladie.

Pr Emmanuel Ryvalin Nakouné, directeur général de l'Institut Pasteur, explique ceci : "Il se trouve que chaque année il y a des épidémies en RDC mais jusqu'aujourd'hui, on n'a jamais eu d'épidémie et on voulait comprendre puisqu'il y a des mouvements entre la population. Quand on a fait les analyses, on s'est rendu compte que 13% des pygmées ont des anticorps et que, parmi les bantous qui vivent dans le même écosystème, 10% avaient les anticorps, c'est-à-dire qu'ils sont exposés à peu près au même facteur de risque. "

En début d'année, la Centrafrique a mené, avec l'appui de l'OMS, une campagne de vaccination préventive au profit des personnels de santé et les relais communautaires dans les sept régions sanitaires du pays. 

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