Friedrich Merz à la recherche de partenaires dans le Golfe
4 février 2026
Les importants Etats du Golfe que sont l'Arabie saoudite, le Qatar et les Emirats arabes unis (EAU) ont actuellement les faveurs du gouvernement fédéral en Allemagne. Cela est visible rien qu'à voir les aéroports de ces capitales : le ministre de l'Environnement Carsten Schneider vient tout juste de se rendre en Arabie saoudite. L'avion transportant la ministre de l'Economie Katherina Reiche y a aussi atterri. Celle-ci expliquait pourquoi : "Lorsque des partenariats sur lesquels on s'appuie depuis des décennies commencent à s'effriter, nous devons chercher de nouveaux partenaires." Des partenaires pour des projets dans les domaines de l'énergie et de l'armement, par exemple.
C'est exactement ce que fera cette semaine, du 4 au 6 février, le chancelier allemand. Friedrich Merz se rendra d'abord en Arabie saoudite, puis au Qatar, et enfin aux Emirats arabes unis à la fin de la semaine. Et tout cela en moins de 72 heures au total. Il s'agit d'intensifier les contacts économiques et de conclure des accords fiables, à une époque où l'on sait de moins en moins dans quelle mesure l'Europe et l'Allemagne peuvent encore compter sur leur partenaire le plus important jusqu'à présent, les Etats-Unis.
D'abord l'Inde, maintenant le Golfe, bientôt la Chine
C'est pourquoi on parle de "nouveaux partenariats stratégiques" au sein du gouvernement à Berlin, par exemple avec l'Inde, que le chancelier a déjà visitée au début de l’année. Et avec la Chine, où Friedrich Merz prévoit de se rendre fin février. Et entre ces deux rendez-vous, il y a maintenant la région du Golfe.
Le mot magique pour les relations allemandes dans le Golfe est toujours et encore l'énergie. Pendant plusieurs décennies, les Etats du Golfe ont été les fournisseurs de pétrole d'une Allemagne pauvre en matières premières, mais depuis l'attaque russe contre l'Ukraine, la question du gaz prend de plus en plus d'importance. La part importante du gaz russe dans l'Union européenne a été considérablement réduite. Aujourd'hui, la part du gaz naturel liquéfié (GNL) dans l'approvisionnement allemand s'élève à environ 10 %, dont 30 % provenaient des Etats-Unis en 2024. Une part qui, selon le gouvernement allemand, pourrait être réduite si l'Arabie saoudite et le Qatar augmentaient leurs livraisons.
Du gaz liquéfié pour l'Allemagne, des armes pour les pays du Golfe
La correspondante de la DW, Michaela Küfner, accompagnera Friedrich Merz dans le Golfe. Elle déclare à propos du gaz : "Actuellement, Washington est le principal fournisseur de GNL de l'Europe. Si l'Europe ne veut pas passer sans transition de la dépendance vis-à-vis de la Russie à celle vis-à-vis des Etats-Unis, elle a besoin des pays exportateurs d'énergie traditionnels du Proche-Orient. Cela signifiera probablement aussi qu'il faudra à l'avenir se montrer plus généreux en matière d'exportations d'armes." Le gouvernement n'a pas souhaité s'exprimer concrètement sur ces projets avant le début de la visite.
On sait toutefois que l'Arabie saoudite et le Qatar, par exemple, s'intéressent à l'avion militaire Airbus A400 M. Et de nombreux projets énergétiques n'ont pas abouti récemment, car le Qatar s'intéressait à des contrats de livraison à long terme, tandis que l'Allemagne préférait des contrats à court terme. Le gouvernement a déclaré qu'il était prêt à faire un geste envers les États du Golfe dans ce domaine.
Friedrich Merz est accompagné dans le Golfe par une importante délégation économique, mais à Berlin, de nombreux journalistes veulent également savoir s'il abordera la question délicate des droits de l'Homme dans ces trois pays. A ce sujet, le porte-parole du gouvernement Stefan Kornelius a déclaré à la fin de la semaine dernière : "Nous avons constaté qu'un processus de réforme s'accompagnant d'une ouverture sociale et culturelle était en cours en Arabie saoudite. Cela a également permis d'améliorer les droits des femmes. Il reste néanmoins beaucoup à faire et des améliorations sont nécessaires."