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Un chef rebelle centrafricain reconnu coupable par la CPI

Jean-Fernand Koena
23 septembre 2026

La Cour pénale internationale a reconnu Mahamat Saïd Abdel Kani coupable de crimes contre l'humanité commis en 2013, alors que le pays sombrait dans la guerre civile.

Mahamat Said Abdel Kani lors de son audience devant la CPI, porte un pullover bleu et une barbe.
La CPI prononcera la peine pour ces crimes à une date ultérieure.Image : Remko De Waal/REUTERS

La Cour pénale internationale a reconnu, ce mercredi (23.09), le chef de guerre Mahamat Saïd Abdel Kani coupable de quatre chefs d'accusation de crimes contre l'humanité, pour sa responsabilité dans le centre de détention de l'Office centrafricain de répression du banditisme (OCRB), à Bangui.

L'homme de 56 ans a été jugé coupable de faits de torture et d'emprisonnement illégal.

Un soulagement pour les victimes et une victoire pour les organisations de défense des droits de l'Homme.

Les victimes ont suivi le verdict en direct. Une nouvelle audience sera encore nécessaire pour déterminer sa peine.

Une étape importante dans la lutte contre l'impunité, selon HRW

Olivier Marius Poussinga est un ancien détenu du camp qui était placé sous la direction de Mahamat Saïd Abdel Kani. Il "remercie la CPI pour son effort et sa contribution depuis l'arrestation de Saïd. Sa condamnation est un début de soulagement pour les atrocités que nous avons eues à subir".

Selon le jugement Mahamat Saïd Abdel Kani maintenait certains détenus dans une petite cellule sous son bureau, dépourvue de toute installation sanitaire. Il participait aux interrogatoires et aux mauvais traitements infligés aux détenus, torturés en sa présence.

Ecoutez le reportage à Bangui...

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L'organisation Human Rights Watch se félicite de cette décision de la CPI.

Lewis Mudge, le directeur de HRW pour la République centrafricaine, estime qu'"en tant que premier verdict de la CPI contre un commandant de haut rang de la Séléka, le jugement rendu contre Mahamat Saïd Abdel Kani constitue une étape très importante dans la lutte contre l'impunité pour les crimes graves commis en RCA. Le verdict est également un moment de rappel des exactions qui se poursuivent dans le pays et la nécessité de soutien aux efforts de la justice transnationale et nationale".

D'autres anciens chefs rebelles en fuite ou réhabilités

Si l'effort de la justice est salué, la société civile centrafricaine se montre toutefois plus mesurée. Maître Bruno Hyacinthe Gbiegbia, membre du Réseau des organisations de promotion et de protection des droits de l'Homme, conteste que Mahamat Saïd Abdel Kani ait été l'un des principaux responsables de la Séléka.

Pour lui, "il faudrait qu'on poursuive les principaux responsables des Antibalaka et les principaux responsables de la coalition Séléka. Mahamat Saïd ne représente rien, alors qu'on dit que c'était l'un des principaux responsables de la coalition Séléka. Peut-on nous dire à quel moment et à quel stade il a commis ces crimes qui heurtent la conscience et quel était son grade au sein de la coalition Séléka".

Mahamat Saïd Abdel Kani est toutefois considéré comme l'un des principaux commandants des milices rebelles de la Séléka. Mais le sentiment en Centrafrique est qu'il n'est pas le seul.

Plusieurs anciens chefs de ce mouvement sont soit en fuite, comme Noureddine Adam, soit ont été intégrés au gouvernement, après avoir signé un accord de paix. C'est le cas de Herbert Gontron Djono Ahaba, ministre des Transports, et de Gilbert Toumou Deya, ministre délégué au Désarmement. 

Dans le cas de Mahamat Saïd Abdel Kani, seules 35 personnes ont participé à la procédure en qualité de victimes ou de témoins.

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