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PolitiqueMoyen-Orient

Taïwan au cœur des tensions entre Washington et Pékin

15 mai 2026

Au cours de sa rencontre avec Donald Trump, le président chinois, Xi Jinping, a mis en garde contre un risque de "conflit" si le dossier de Taïwan était mal géré.

Pékin, Chine, 2026 | Dîner d'État avec Donald Trump et Xi Jinping au Grand Hall du Peuple
Pékin reproche à Washington ses ventes d'armes à TaïwanImage : Mark Schiefelbein/AP Photo/picture alliance

Donald Trump a quitté ce vendredi (15.05), la Chine après 48 heures de séjour dans le pays. Avec son homologue chinois, Xi Jinping, il a notamment été question de coopération commerciale. Les deux dirigeants ont aussi évoqué les tensions au Moyen-Orient, où les États-Unis sont en guerre contre l’Iran. Autre sujet de préoccupation pour les deux hommes d’État : la question de Taïwan.

Taïwan est au cœur des tensions entre Américains et Chinois. Dès l’ouverture de leur sommet à Pékin, Xi Jinping a mis Donald Trump en garde contre le risque d’un " conflit " entre la Chine et les États-Unis si Washington gérait mal ce dossier.

"La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit ", a déclaré le président chinois, selon des médias.

Face à cette mise en garde, la politique américaine reste, pour l'instant, inchangée : soutien militaire à Taïwan, sans reconnaissance officielle de son indépendance. "La partie américaine a réaffirmé à plusieurs reprises son soutien clair et ferme à Taïwan ", a commenté la porte-parole du gouvernement taïwanais, Michelle Lee.

La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas réussi à unifier avec le reste de son territoireImage : Photoshot/picture alliance

Taïwan, principal point de friction entre Pékin et Washington

La question du statut de Taïwan demeure le principal point de friction entre les États-Unis et la Chine, exacerbant les tensions géopolitiques dans le Pacifique.

En décembre dernier, les États-Unis ont annoncé des ventes d’armes à grande échelle à Taïwan, d’une valeur de plus de 10 milliards de dollars (8,6 milliards d’euros), mais n’ont pas encore procédé à leur livraison.

Taïwan est un partenaire commercial clé pour les États-Unis. L’île a conclu, en janvier dernier, un accord commercial majeur avec Washington, profitant notamment de son statut de leader mondial dans la production de semi-conducteurs.

Mais, le président chinois souhaite voir évoluer cette politique américaine. Pékin reproche régulièrement à Washington de ne pas honorer ses engagements diplomatiques en poursuivant ses ventes d’armes à Taïwan, en lui offrant un soutien sur la scène internationale et en ne s’opposant pas clairement à son indépendance.

La force si nécessaire pour la Chine

Depuis des mois, Pékin multiplie les actions militaires et diplomatiques contre cette île située au sud-est du pays. La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949, durant laquelle le pouvoir chinois, renversé par les communistes, avait trouvé refuge sur l’île.

La Chine plaide pour une solution pacifique, mais se réserve le droit de recourir à la force pour prendre le contrôle de l’île. Elle l’a encore rappelé lors de manœuvres militaires, le 29 décembre 2025. Ces manœuvres ont mobilisé des destroyers, des frégates, des chasseurs, des bombardiers et des drones : une véritable démonstration de force.

La Chine maintient une forte pression militaire sur TaïwanImage : Eastern Theatre Command/REUTERS

Pression diplomatique aussi

Parallèlement à la pression militaire, Pékin exerce également une forte pression diplomatique pour isoler Taïwan du reste du monde. Fin avril, la visite du président taïwanais Lai Ching-te en Eswatini, petit État d’Afrique australe et seul allié diplomatique de Taipei sur le continent africain, a ainsi été reportée.

La Chine vise également les entreprises d’armement et de défense qui travaillent avec Taïwan. Le 24 avril, Pékin a annoncé imposer des restrictions à sept compagnies européennes accusées de " collusion " avec le pouvoir taïwanais. Elles sont désormais placées sur la liste de contrôle des exportations, avec effet immédiat, a indiqué le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.

Taïwan est officiellement reconnu diplomatiquement par une douzaine d’États, principalement des pays d’Amérique latine et des Caraïbes (Guatemala, Paraguay, Haïti, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie), ainsi que par des pays du Pacifique, l’Eswatini en Afrique et le Vatican. La Chine a convaincu de nombreux autres de rompre leurs relations diplomatiques avec Taipei.

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