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A Kinshasa, des cas de choléra à la prison de Makala

17 février 2026

Cinq décès liés au choléra ont été enregistrés ces derniers jours dans la prison centrale de Kinshasa, où les conditions carcérales restent critiques.

L'entrée de la prison de Makala.
A la prison de Makala, nombre de décès sont aussi liés à la surpopulation et de la malnutrition.Image : Jean Noel Ba Mweze/DW

À la prison centrale de Makala, à Kinshasa, treize cas de choléra ont été confirmés sur 17 prélèvements analysés par l'Institut national de recherche biomédicale. Cinq décès ont été enregistrés depuis le 12 février, selon le ministre d'État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali. 

Quatre personnes sont rétablies et 15 nouveaux cas suspects ont été identifiés. Les autorités nationales ont annoncé, le 14 février, la suspension temporaire de toute nouvelle admission.

Les visites à la prison centrale de Makala sont désormais strictement limitées. Les dispositifs sanitaires ont été renforcés, avec la mise à disposition de médicaments, de produits de désinfection et d'équipements médicaux.

Promiscuité et risque de propagation

Didier Kasegwa, directeur adjoint du Programme national d'élimination du choléra, rappelle que "le risque de propagation est grand. La population carcérale dépasse la capacité d'accueil. Les détenus vivent dans une promiscuité intense. Nous enquêtons pour identifier le cas index."

Selon des informations recueillies à Makala par la Fondation Bill Clinton, la prison compte actuellement 13 013 détenus, dont 250 femmes. 14 enfants y sont également recensés, avec leur mère.

Ecoutez le reportage à Kinshasa...

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Des décès sont signalés quotidiennement, entre quatre et cinq par jour, dus non seulement au choléra, mais aussi à la malnutrition et à la surpopulation. La confiscation des téléphones portables complique, par ailleurs, les contacts avec les familles et les avocats.

Didier Kasegwa salue néanmoins la suspension des nouvelles admissions et propose des mesures complémentaires.

Selon lui, "les stratégies consistent à désinfecter, non seulement les pavillons touchés par la maladie, mais l'ensemble de la prison. Il faut tout de suite identifier chaque cas et l'isoler pour ne pas le laisser en contact avec les autres détenus encore sains. Enfin, il faut faire une chimioprophylaxie, c'est-à-dire donner des antibiotiques à toute la population carcérale et arriver à les vacciner tous."

Surpopulation carcérale

La décision du ministre de suspendre toute nouvelle admission dans la prison de Makala ne remédie toutefois pas aux mauvaises conditions de détention.

Maître Roger Bukasa Kabongo est avocat au barreau de Kinshasa-Matete et il dénonce une situation alarmante.

"À la prison de Makala, il n'y a même plus d'eau pour se laver et boire, assure-t-il. Les détenus dorment à même le sol. Ils n'ont rien qui garantit leurs droits en tant qu'êtres humains. La décision du ministre est bonne, mais elle devrait s'accompagner de palliatifs pour sa mise en place. Parce qu'il n'y a même pas de maisons de détention construites. Le ministre doit, dans ce cas, instruire les magistrats de relâcher les personnes impliquées dans des cas bénins, comme des problèmes de famille."

Faut-il des mesures drastiques contre les kuluna ?

14:27

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Dans la province du Sud-Kivu, où une épidémie de choléra s'est aussi déclenchée, les autorités sanitaires observent une baisse des cas hebdomadaire. Selon Didier Kasegwa, la ville d'Uvira est passée de 500 à moins de 200 cas confirmés par semaine. 

La ville a récemment reçu 40 tonnes de matériels et de médicaments pour soutenir la riposte sanitaire.

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