Cohabitation difficile entre les FARDC et les Wazalendo
27 novembre 2025
En République démocratique du Congo, la cohabitation reste difficile entre les forces armées et leurs supplétifs combattant au sein des milices Wazalendo. Ces deux entités, bien qu’alliées, se combattent régulièrement.
Les accrochages les plus récents datent du week-end dernier à Uvira, siège provisoire des institutions provinciales du Sud-Kivu. Au moins sept personnes tuées en deux jours, selon les autorités congolaises. Mais plusieurs sources parlent d'une dizaine de morts et une vingtaine des blessés.
Les raisons des conflits entre les deux alliés
C'est un climat de méfiance et une guerre de leadership. Les FARDC et les Wazalendo combattent ensemble les rebelles de l'AFC-M23, soutenus par le Rwanda. Mais tous les volontaires ne sont pas au niveau. Justin Bitakwira, député national d'Uvira, reconnaît la contribution des Wazalendo dans leur ensemble mais il qualifie certains individus parmi eux de "délinquants".
"Dans chaque société il y a le bon et le mauvais grain, observe Justin Bitakwira. Les Wazalendo doivent savoir qu'ils ont énormément donné pour la défense de la République. Les mauvaises troupes doivent être mises à l'écart pour qu'il y ait harmonie, qu'il y ait symbiose entre ces forces de la résistance et notre armée. Sinon, le corps Wazalendo, le pays a besoin de lui."
La population, victime du manque de coordination entre les deux alliés
Le problème persistera tant qu'il n'y aura pas de coordination entre l’armée et les Wazalendo, redoute pour sa part Godelive Lugambo, la présidente de la société civile d'Uvira. Selon elle, "la population vit dans une psychose parce que quand cela arrive, ça ne s'annonce pas. Cette peur devient endogène par rapport aux affrontements sporadiques qui interviennent et quand ça arrive il y a toujours des morts d'hommes. C'est une population civile devant des porteurs d'armes qui n'ont pas de coordination commune. Il peut y arriver que les affrontements reprennent."
Henri Pacifique Mayala de l'Institut de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, rappelle que la mobilisation et la collaboration tacite entre l'armée nationale et les combattants Wazalendo a commencé avant la mise en place d'une loi sur la réserve desFARDC.
"Aujourd'hui, les Wazalendo représentent une bombe à retardement, explique Henri Pacifique Mayala. Ce manque de coordination où on a des groupes qui agissent en électrons libres et qui commettent des exactions qui, malencontreusement, devraient être mises sur la responsabilité des forces loyalistes continuent de plus en plus à ternir l'image de l'armée et à mettre en lumière toute ces incohérences en matière de sécurité nationale."
Ces divisions permettent aux rebelles de l'AFC-M23 d'étendre encore leur zone d'influence dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.