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Congrès du SPD sur fond d'impopularité

Michel Payen17 novembre 2003

Le chancelier allemand Gerhard Schröder aimerait bien que le congrès du SPD à Bochum entraîne un retournement de tendance au sein d'une population de plus en plus hostile aux mesures du gouvernement. Mais il faut bien dire que c'est peu probable à moins d'un coup de théâtre.

Dès son arrivée dans cette ville de la Ruhr, traditionnellement à gauche, il a été accueilli fraîchement par quelques centaines de manifestants hostiles à son catalogue de réformes. Pour enfoncer le clou, le SPD a accentué sa dégringolade aux municipales du Brandebourg. Un recul qui place les sociaux-démocrates à la traîne de l'opposition conservatrice et peu avant les néocommunistes. Ajoutons encore qu'il y a peu, la CDU/CSU votait à la seconde chambre contre les réductions d'impôts sur lesquelles le gouvernement comptait pour relancer l'économie. Bref, ce congrès s'ouvre dans un contexte peu favorable. L'Agenda 2010, ce train de mesures pour réduire les déficits et relancer la machine économique, a du mal à passer. Or c'est justement là dessus que compte le chancelier pour ramener citoyens et électeurs au SPD. Parmi les thèmes du congrès, la politique économique, la formation professionnelle et la politique internationale. S'il y a consensus ou presque sur le rôle de l'Allemagne dans le monde, notamment en ce qui concerne l'Irak et les États-Unis, sur le social il y a un hiatus. Les syndicats, qui sont traditionnellement aux côtés des sociaux-démocrates, et qui avaient invité à voter pour Gerhard Schröder, se sentent floués. Il s'allient aux altermondialistes, d'Attac notamment, pour contester l'Agenda 2010, une vaste réforme de l'état-providence, devenu trop cher avec une économie souffreteuse, un déficit budgétaire colossal et un chômage endémique. Ces réformes prévoient par exemple la fusion des aides sociales et des aides aux chômeurs de longue durée, la réduction des prestations sociales - maladie ou allocations diverses - , et cela ne passe pas. Et comme la baisse des impôts qui devait aller avec est repoussée, les sociaux-démocrates ne sont pas en odeur de sainteté. Un sondage récent révélait que 60% des sympathisants du SPD estiment que la politique du gouvernement est socialement déséquilibrée. 72% d'entre eux prédisent même un échec de leur parti aux législatives de 2006. Cela pourrait bien se vérifier puisqu'au niveau de l'ensemble de la population allemande, il n'y a plus que 23% de personnes favorables au SPD.

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