La coopération militaire au menu du 2e sommet de l'AES
22 décembre 2025
Avec un effectif de 5000 hommes, la force conjointe de la confédération de l'AES se fixe pour objectif de faire face aux groupes terroristes de la région tout en rejetant l'ingérence extérieure. La solidarité et l'assistance mutuelle devraient être le socle de cette force militaire dite "unifiée".
Mais pour l'heure, quelques détails manquent autour de son architecture finale.
"On parle du fait qu'elle sera basée au Niger, mais jusqu'ici il n'y a rien de clair par rapport à cela", explique Maciré Diop, journaliste spécialisé dans les questions sécuritaires.
"On parle aussi d'un général burkinabè qui serait au commandement. Il faut donc que tout soit déjà clarifié. Lorsqu'on a un commandement conjoint, de savoir qui occupe la tête, qui sont ses adjoints et si c'est un tour de rôle et voir aussi les mécanismes de financement. S'il faut toujours aller chercher des financements ailleurs pour les faire marcher, ce serait difficile. Raison pour laquelle, il faudrait déjà travailler sur un mécanisme endogène."
Une force bien différente de celle du G5 Sahel
Un mécanisme endogène qui différencie selon l'analyste politique Paul Oula la future force conjointe de l'AES de celle de feu G5 Sahel, dissoute en 2023 et qui bénéficiait d'un financement international, notamment des pays occidentaux.
"Vouloir penser que la force conjointe de l'AES est une force de plus relève du fantasme pour la simple raison que l'AES est une confédération, alors la force conjointe de l'AES est clairement une force confédérale. Ce qui n'était pas le cas avec le G5 Sahel", assure-t-il.
"Le G5 Sahel était un diktat politique et militaire de ses alliés. Tel n'est pas le cas avec la force conjointe de l'AES. En ce sens-là, on pourrait dire que la différence est de taille."
En septembre dernier, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont signé à Bamako la charte du Liptako Gourma. Cet accord inclut une alliance de défense collective entre les trois pays sahéliens en cas d'attaque d'un pays membre de l'AES.