En Mongolie, la COP17 sur la désertification dans l'impasse
20 août 2026
À Oulan-Bator, les négociations de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification et la sécheresse (UNCCD) se retrouvent dans une situation inédite. Pour la première fois dans l'histoire de ces conférences, les débats sont bloqués dès l'adoption de l'ordre du jour, après des objections formulées par les États-Unis et la Russie.
Côté américain, ce blocage intervient sans véritable surprise, Washington ayant pris ses distances avec les négociations climatiques depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Les désaccords portent notamment sur l'égalité entre les femmes et les hommes, la participation des communautés locales et des peuples autochtones aux travaux de la Convention, ainsi que sur le rapprochement des enjeux liés au climat, à la biodiversité et à la désertification.
Deux blocages aux motivations différentes
La Russie, elle, conteste notamment la présence des Ukrainiens au sein d'un comité scientifique de la Convention. Ces blocages diplomatiques interviennent alors que la dégradation des terres concerne déjà près de 40 % des surfaces mondiales, avec des conséquences directes sur les populations et les ressources en eau.
Au Honduras, près de 80 % du territoire ont ainsi été placés en état d'alerte en raison d'une grave pénurie d'eau, tandis que les autorités redoutent une aggravation de la situation dans les prochains mois, notamment sous l'effet du phénomène El Niño.
Des terres plus sèches, des incendies plus nombreux
Cette situation rappelle que la désertification, la sécheresse et les incendies sont étroitement liés aux évolutions du climat. Une étude menée par des chercheurs de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK) montre que les surfaces brûlées en Europe pourraient fortement augmenter au cours des prochaines décennies.
Même dans un scénario de réchauffement relativement limité, autour de 1,8 °C à l'échelle mondiale, les chercheurs anticipent une hausse généralisée des superficies touchées par les incendies. Selon l'un des modèles étudiés, elles pourraient augmenter d'environ 39 % d'ici la fin du siècle. Les incendies dévastateurs qui frappent cet été plusieurs pays européens, notamment la Belgique, l'Espagne, la France et la Grèce, illustrent déjà cette évolution.
Jusqu'à un quasi-triplement des surfaces brûlées
Les projections deviennent beaucoup plus préoccupantes dans un scénario de fortes émissions de gaz à effet de serre. Avec un réchauffement mondial d'environ 3,6 °C, les incendies deviendraient beaucoup plus fréquents, notamment autour de la Méditerranée ainsi que dans une grande partie de l'Europe centrale et occidentale.
Les surfaces brûlées pourraient alors augmenter de 192 % d'ici 2100, soit quasiment tripler. Les chercheurs soulignent toutefois qu'une meilleure gestion des incendies, formation des pompiers, équipements, coordination et prévention, pourrait réduire considérablement cette progression.