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En Mongolie, la COP17 sur la désertification dans l'impasse

Kossivi Tiassou | Avec agences
20 août 2026

À Oulan-Bator, la COP17 sur la désertification est bloquée par les désaccords entre Washington et Moscou. Pendant ce temps, sécheresses et incendies s’intensifient en Europe.

Belgique, Hautes Fagnes, 2026 | Violent incendie près du Signal de Botrange, le 18 août 2026
Haute Fagnes, Belgique - 18 août 2026 : incendie dans les Hautes Fagnes, près du Signal de Botrange. Le sinistre est présenté comme le plus important incendie de l’histoire de la Belgique.Image : Didier Lebrun/Photo News/IMAGO

À Oulan-Bator, les négociations de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification et la sécheresse (UNCCD) se retrouvent dans une situation inédite. Pour la première fois dans l'histoire de ces conférences, les débats sont bloqués dès l'adoption de l'ordre du jour, après des objections formulées par les États-Unis et la Russie.

Côté américain, ce blocage intervient sans véritable surprise, Washington ayant pris ses distances avec les négociations climatiques depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Les désaccords portent notamment sur l'égalité entre les femmes et les hommes, la participation des communautés locales et des peuples autochtones aux travaux de la Convention, ainsi que sur le rapprochement des enjeux liés au climat, à la biodiversité et à la désertification.

Abdirizak Gabow, 63 ans, rassemble des carcasses de chèvres dans les broussailles environnantes afin de les regrouper avant de les brûler, pour des raisons sanitaires, dans le village de Hawara, près de la ville de Rhamu, le 21 janvier 2026 (dans le nord-est du Kenya, durement touché par la sécheresse).Image : Tony Karumba/AFP/Getty Images

Deux blocages aux motivations différentes

La Russie, elle, conteste notamment la présence des Ukrainiens au sein d'un comité scientifique de la Convention. Ces blocages diplomatiques interviennent alors que la dégradation des terres concerne déjà près de 40 % des surfaces mondiales, avec des conséquences directes sur les populations et les ressources en eau.

Au Honduras, près de 80 % du territoire ont ainsi été placés en état d'alerte en raison d'une grave pénurie d'eau, tandis que les autorités redoutent une aggravation de la situation dans les prochains mois, notamment sous l'effet du phénomène El Niño.

Des terres plus sèches, des incendies plus nombreux

Cette situation rappelle que la désertification, la sécheresse et les incendies sont étroitement liés aux évolutions du climat. Une étude menée par des chercheurs de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK) montre que les surfaces brûlées en Europe pourraient fortement augmenter au cours des prochaines décennies.

Même dans un scénario de réchauffement relativement limité, autour de 1,8 °C à l'échelle mondiale, les chercheurs anticipent une hausse généralisée des superficies touchées par les incendies. Selon l'un des modèles étudiés, elles pourraient augmenter d'environ 39 % d'ici la fin du siècle. Les incendies dévastateurs qui frappent cet été plusieurs pays européens, notamment la Belgique, l'Espagne, la France et la Grèce, illustrent déjà cette évolution.

Certains, malgré tout, gardent encore l’espoir. Des habitants cultivent des courges dans le désert du Taklamakan, dans le district de Hotan, dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, le 16 avril 2026.Image : Ding Lei/Xinhua/picture alliance

Jusqu'à un quasi-triplement des surfaces brûlées

Les projections deviennent beaucoup plus préoccupantes dans un scénario de fortes émissions de gaz à effet de serre. Avec un réchauffement mondial d'environ 3,6 °C, les incendies deviendraient beaucoup plus fréquents, notamment autour de la Méditerranée ainsi que dans une grande partie de l'Europe centrale et occidentale.

Les surfaces brûlées pourraient alors augmenter de 192 % d'ici 2100, soit quasiment tripler. Les chercheurs soulignent toutefois qu'une meilleure gestion des incendies, formation des pompiers, équipements, coordination et prévention, pourrait réduire considérablement cette progression.

 

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