Juin 2026, un nouveau record historique de chaleur
1 juillet 2026
Les océans de la planète viennent d'enregistrer leur mois de juin le plus chaud jamais mesuré. Selon l'observatoire européen Copernicus Marine, cette hausse exceptionnelle des températures pourrait annoncer de nouveaux records dans les prochains mois, sous l'effet combiné du changement climatique et du retour attendu du phénomène El Niño.
Les scientifiques mettent en garde contre des conséquences croissantes sur les écosystèmes marins et les événements météorologiques extrêmes.
La température moyenne à la surface des océans, qui recouvrent près de 70 % de la planète, a atteint 20,98 °C en juin 2026, dépassant le précédent record établi en juin 2024 (20,89 °C). Sur l'ensemble du premier semestre, 2026 devient ainsi la deuxième année la plus chaude jamais observée pour les océans, derrière 2024.
Pour Carlo Buontempo, directeur du Service Copernicus sur le changement climatique, ces chiffres pourraient marquer "le début d'une nouvelle phase" du réchauffement. Avec des océans déjà exceptionnellement chauds et l'arrivée d'El Niño, les scientifiques s'attendent à de nouveaux records de température dans les mois à venir.
Le retour d'El Niño pourrait amplifier la chaleur mondiale
Les températures ont été particulièrement élevées dans le centre et l'est du Pacifique équatorial, région directement influencée par El Niño. Le Pacifique tropical y a enregistré son premier semestre le plus chaud jamais mesuré, avec une température moyenne de 26,91 °C.
Les spécialistes estiment que l'épisode El Niño attendu d'ici la fin de l'année pourrait figurer parmi les plus puissants jamais observés. Selon l'océanographe Simon van Gennip, cette combinaison entre El Niño et le réchauffement climatique pourrait faire de 2026 l'une des années les plus chaudes de l'histoire, même si son ampleur exacte reste difficile à prévoir.
Ce phénomène naturel, qui survient tous les deux à sept ans, s'ajoute à une tendance durable liée aux émissions de gaz à effet de serre. Les océans absorbent environ 90 % de la chaleur excédentaire produite par les activités humaines, ce qui accentue progressivement leur réchauffement.
Des vagues de chaleur marines de plus en plus étendues
Depuis le début de l'année, 82 % des océans mondiaux ont connu des vagues de chaleur marines. Près de la moitié de leur superficie a été confrontée à des épisodes classés comme forts à extrêmes.
La mer Méditerranée figure parmi les zones les plus touchées. Près de 98 % de sa surface a subi une vague de chaleur au cours du premier semestre, avec une température record de 24,34 °C en juin. Dans le nord-ouest du bassin méditerranéen, les eaux ont dépassé les normales saisonnières de plus de cinq degrés, une situation largement attribuée à la récente canicule qui a frappé l'Europe.
Les scientifiques rappellent que ces canicules marines fragilisent fortement les écosystèmes. Les espèces peu mobiles, comme les coraux, les gorgones, les oursins ou certains mollusques, peuvent subir des mortalités massives lors de ces épisodes prolongés de chaleur.
Le réchauffement des océans influence également le climat mondial. En fournissant davantage d'énergie à l'atmosphère, il favorise les pluies torrentielles, les épisodes méditerranéens intenses et renforce potentiellement les cyclones. Par ailleurs, l'expansion thermique de l'eau contribue directement à l'élévation du niveau des mers, accentuant les risques pour les zones côtières dans le monde.