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Covid-19, le plasma des guéris pour traiter des malades

14 avril 2020

Plusieurs traitements contre le Covid-19 sont en cours d’essai clinique. Parmi les pistes les plus prometteuses, il y a l’utilisation du plasma de patients déjà guéris du coronavirus pour traiter les malades.

Wissenschaft Medizin Kühlung
Des poches de sang conservées au réfrigérateur au Centre de don du sang de la Croix-Rouge en Haïti.Image : imago/Westend61

Les patients qui ont guéri du Covid-19 sont immunisés contre ce virus parce que leur organisme a produit des anticorps spécifiques.

L’idée des chercheurs est donc d’extraire le plasma sanguin de ces personnes immunisées, d’isoler les anticorps qui s’attaquent au Covid-19 et de les injecter à des personnes encore malades.

Les équipes d’Holger Hackstein, directeur du département des transfusions à la clinique universitaire d’Erlangen, dans le sud de l'Allemagne, ont déjà commencé ce type d’essais.

Holger Hackstein explique qu’"Après le don de plasma, celui-ci est congelé puis à nouveau analysé plusieurs fois dans nos laboratoires pour s’assurer que ce plasma est sûr et qu’il n’est pas susceptible de transmettre des maladies contagieuses. Une fois ces analyses faites, il peut être administré par intraveineuse pour traiter des malades."

Réel espoir de traitement

Plusieurs cas aux Etats-Unis, en Suède, en Chine et en Corée du Sud tendent à prouver l’efficacité de ce traitement – le seul à disposition des médecins pour l’instant.

Les anticorps permettraient de raccourcir la durée de la maladie et de réduire l’intensité des symptômes.

Eldad Hod, un chercheur de l’Université de Columbia, aux Etats-Unis, a déclaré à l’AFP que "chaque don de plasma pourrait sauver trois à quatre vies".

Les espoirs sont grands, confirme Lothar Wieler. Il préside l’Institut Robert Koch de contrôle et de lutte contre les maladies, en Allemagne.

Lothar Wieler est optimiste : "A vrai dire, je pense qu’il s’agit-là d’une des approches les plus probantes. Il y a beaucoup d’études qui montrent que le plasma de patients guéris peut aider. Naturellement, il faut s’assurer que le plasma est de très bonne qualité et que cela n’induit pas d’effets secondaires. Mais cette démarche paraît prometteuse."

D’autant plus prometteuse que le traitement par injection aux malades d’anticorps ciblés, développés par d’anciens patients guéris, fonctionne déjà à petite échelle pour d’autres types de maladies infectieuses, comme Ebola ou le SRAS.

Dans le cas du Covid-19, des patients seront soumis à des essais cliniques durant les prochaines semaines : à chaque fois, un groupe de malades recevra des anticorps immunisés et un autre groupe de malades se verra injecté un placebo, à son insu.

Les autres essais en cours

Des dizaines de milliers de patients participent actuellement à des études dans le monde entier pour faire avancer la recherche contre le Covid-19.

Parmi les grandes recherches initiées, signalons aussi, en Europe, l'essai Discovery.

Il a été lancé le 22 mars dans sept pays. Il vise à tester quatre traitements : l'antiviral remdesivir, l'association lopinavir/ritonavir, ces mêmes anti-rétroviraux combinés avec l'interferon betam, et enfin l'hydroxychloroquine, dérivé de la chloroquine, utilisée contre le paludisme.

L’Organisation mondiale de la santé a aussi initié un essai coordonné de ces produits sous le nom de "Solidarity". Des pays comme la Thaïlande ou l’Argentine s'y sont associés.

Des hôpitaux français testent enfin une solution produite à partir de l’hémoglobine d’un ver marin capable de transporter 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine. Si l’étude porte ses fruits, elle pourrait permettre de venir en aide aux patients en détresse respiratoire.

Science sans patience ...

Mais attention: c'est seulement une fois ces tests terminés et leurs résultats évalués qu’une ou plusieurs thérapies pourront officiellement être validées.

En cette période d’urgence sanitaire, les protocoles scientifiques sont élaborés en quelques jours seulement. Les autorisations sont délivrées en quelques heures contre plusieurs mois en temps ordinaire.

Certains chercheurs et comités d’éthique appellent à la prudence pour que les tests cliniques et les homologations continuent de se faire dans le respect des règles scientifiques. Quelle que soit notre impatience à tous de venir à bout de la maladie.