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Lutte anticorruption : l'Afrique avance à petits pas

10 juillet 2026

Alors que l’Afrique célèbre la Journée de lutte contre la corruption, ce 11 juillet, un nouveau rapport révèle des progrès, mais aussi des défis.

Nigeria Abuja | Manifestation contre la corruption sous la présidence Buhari (archive)
La société civile tente de faire pression sur les dirigeants pour de meilleures pratiquesImage : AFP

À la veille de la Journée africaine de lutte contre la corruption, célébrée ce samedi 11 juillet, la Fondation Mo Ibrahim a publié les résultats préliminaires 2026 de l’Indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) consacrés à la lutte contre la corruption sur la période 2016-2025.

Dans ce rapport 2026, le Rwanda conserve sa position de leader africain en matière de lutte contre la corruption, un rang qu’il occupe depuis 2016. En 2025, le pays affichait un score de 76,6 points, en hausse de 2,6 points sur la décennie.

Les Seychelles signent la meilleure performance du continent. L’archipel a progressé de 26,3 points entre 2016 et 2025 et gagné douze places au classement. Cette progression spectaculaire lui permet de rejoindre le Rwanda à la première place avec le même score de 76,6 points.

Derrière le duo de tête figurent l’île Maurice, troisième avec 65,7 points, suivie du Sénégal, quatrième avec 64 points. Le Sénégal confirme ainsi sa position parmi les pays les mieux classés d’Afrique de l’Ouest. Le Bénin complète le Top 5 devant le Botswana et la Namibie.

Le Rwanda conserve sa position de leader africain en matière de lutte contre la corruptionImage : State House of Tanzania

La situation dans le Sahel 

Les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) présentent des trajectoires contrastées. 

Le Burkina Faso se démarque nettement de ses partenaires. Avec un score de 55,6 points en 2025, il occupe la 10e place du classement africain et figure parmi les dix pays les mieux notés du continent.

La Fondation Mo Ibrahim classe toutefois le Burkina Faso dans la catégorie "Bouncing Back" (rebond). En d’autres termes, le pays enregistre une amélioration depuis 2021, même si son score de 2025 n’est pas supérieur à celui observé au début de la décennie.

La situation est plus délicate au Mali. Le pays ne figure pas parmi les dix premiers du classement et demeure confronté à des défis persistants en matière de gouvernance, d’intégrité des institutions publiques et de confiance citoyenne. Même constat pour le Niger, qui n’apparaît pas dans le groupe des pays les mieux classés. Le rapport relève que les tensions institutionnelles et sécuritaires continuent de peser sur les indicateurs de gouvernance. 

Plus globalement, plusieurs pays sahéliens continuent de faire face à des difficultés liées à la gouvernance et à l’État de droit, même si certains signes d’amélioration apparaissent ces dernières années. 

Les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) présentent des trajectoires contrastées en matière de bonne gouvernanceImage : Mahamadou Hamidou/REUTERS

Une amélioration fragile

À l’échelle du continent, le score moyen en matière de lutte contre la corruption est passé de 38,6 points en 2016 à 39,1 points en 2025. Après une période de recul entre 2016 et 2020, la tendance est repartie à la hausse depuis 2020. 

Toutefois, cette amélioration masque une réalité plus contrastée : les performances se sont détériorées dans 28 pays africains, représentant près de 59 % de la population du continent. À l’inverse, seuls 26 pays ont enregistré des progrès sur la période étudiée.

Une responsabilité collective

Pour la Fondation Mo Ibrahim, la lutte contre la corruption ne peut pas reposer uniquement sur les gouvernements. Les entreprises, les intermédiaires financiers et les acteurs extérieurs qui facilitent les pratiques corruptives doivent également assumer leur part de responsabilité afin de renforcer la transparence et restaurer la confiance du public. 

Le rapport souligne également un contraste important entre les secteurs public et privé. Alors que les indicateurs liés à la corruption dans le secteur privé ont enregistré les progrès les plus significatifs, les performances du secteur public sont restées largement stagnantes au cours de la dernière décennie. 

Selon l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique 2026, les progrès dans la lutte contre la corruption restent lents et inégaux en AfriqueImage : Steve Taylor/SOPA/Zuma/picture alliance

Les principaux enseignements

Pour la Fondation Mo Ibrahim, la corruption reste un obstacle majeur à la gouvernance et au développement et les progrès observés demeurent insuffisants pour restaurer pleinement la confiance des citoyens dans les institutions publiques. 
Les données complètes de l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique 2026, seront publiées le 31 octobre prochain.

La Fondation Mo Ibrahim souligne que la lutte contre la corruption doit mobiliser les gouvernements, les entreprises et les partenaires extérieurs Image : DW

Comment la lutte contre la corruption est-elle évaluée ?

L’indicateur "Anti-Corruption" de l’Indice Ibrahim repose sur six dimensions :

1-Les mécanismes de lutte contre la corruption 

2-L’absence de corruption dans les institutions de l’État 

3-L’absence de corruption dans le secteur public 

4-L’absence de corruption dans le secteur privé 

5-La transparence des procédures de passation des marchés publics 

6-La perception citoyenne de l’efficacité de la lutte contre la corruption.

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