Attaque terroriste de Grand-Bassam, dix ans déjà
13 mars 2026
Le 13 mars 2016, la Côte d'Ivoire était frappée par une attaque terroriste sur la plage de Grand-Bassam, une station balnéaire et une ville historique située à une quarantaine de kilomètres d'Abidjan.Une attaque qui a fait 19 morts et plus de 30 blessés, marquant profondément la mémoire nationale et celle des habitants de la ville.
Dix ans après ce drame, les victimes du quartier France qui ont subi l'attaque se souviennent.
Des souvenirs douloureux
" Le 13 mars, c'était ici que tout s'est passé. On a eu des amis qui ont été criblés de balles. Ils ne pouvaient pas s'échapper" raconte Christian N'Tapké.
"C'est pour ça que j'ai pleuré. Je pleure pour dire : plus jamais ça à Bassam. Plus jamais ça en Côte d'Ivoire. Parce qu'il y a eu tellement de morts sur mon site que vraiment, ça m'affecte.''
Le souvenir de cette date du 13 mars 2016 plonge Christian N'Tapké, à l'époque jeune restaurateur à succès sur la plage de Grand-Bassam, dans une profonde émotion. Les larmes aux yeux, il raconte ce drame. Ce jour-là, il a vu neuf de ses clients et amis mourir sous ses yeux.
Depuis cette attaque, ses activités n'ont plus jamais véritablement redécollé, faute de soutien et de dédommagement.
‘' L'État de Côte d'Ivoire a donné des moyens. Mais ces moyens-là n'ont jamais été distribués. Personne n'est revenu pour voir comment accompagner les personnes de manière morale, ou de manière physique" déplore-t-il.
"Aujourd'hui, je n'arrive pas à joindre les deux bouts. Cette année, devant Dieu, mes enfants ne vont pas à l'école. Il n'y a pas d'argent. Ça ne décolle pas. La preuve en est que même l'hôtel l'Étoile du Sud est fermée. Personne ne sait comment nous vivons" assure Christian.
Un appel à l'aide
À quelque cinq cents mètres de là, dans un autre restaurant, Véronique Mossou, propriétaire et gérante de Mickey Plage, dit avoir eu un peu plus de chance, grâce à l'appui des autorités municipales.
Mais malgré ce soutien financier, la restauratrice a eu du mal à relancer ses activités, faute de clients.
‘'C'est à la mairie qu'on m'a donné quelque chose" explique-t-elle en précisant qu'elle a touché 500 000 francs CFA. Un geste que la restauratrice juge toutefois tardif car désoramis "les gens ont peur de venir". Selon Véronique Mossou la restauration "ne marche pas" et elle assure avoir "plein de dettes.''
Comme Christian, Véronique garde un souvenir douloureux de cette journée du 13 mars 2016. Aujourd'hui encore, au moindre bruit suspect, la peur ressurgit."J'étais dans mon maquis ce dimanche-là. On entend des bruits. C'est par ici que les assaillants sont arrivés. Ils étaient trois avec des kalachnikovs. Ils sont venus, ils ont tiré'' se souvient-elle.
Christian, au nom des autres victimes, lance un appel à l'aide : ‘'C'est bon, l'effet du 13 mars. Mais pensons à ceux qui sont morts. Pensez à ceux qui sont vivants et qui ont vécu le traumatisme. C'est pour cela que nous demandons à l'État de nous aider.''
Malgré les dix années écoulées, le souvenir de l'attaque dans cette cité balnéaire reste vivace et ceux qui ont survécu souffrent en silence. Beaucoup ont vu leur entreprise fermer. Celles qui résistent fonctionnent au ralenti.
Ce vendredi matin, une cérémonie est annoncée devant la stèle érigée à l'entrée du quartier France de Grand-Bassam, en mémoire des victimes.