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La Cédéao face à la crise en Guinée-Bissau

1 décembre 2025

Mathias Hounkpé de l'Institut électoral pour la démocratie durable en Afrique, se prononce sur la mission de la Cédéao à Bissau après le coup d'État dans ce pays.

Le général Horta N'Tam l'homme qui a pris le pouvoir à Bissau le 26 novembre 2025
La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a suspendu la Guinée-Bissau après le coup d'État du 26 novembreImage : Patrick Meinhardt/AFP/Getty Images

Près d'une semaine après le coup d’État militaire en Guinée-Bissau, une mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, est ce lundi Bissau.

Dirigée par le président en exercice de l'institution sous-régionale, le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, la délégation a rencontré les nouvelles autorités du pays.  

La situation politique et militaire en Guinée-Bissau dépendra des décisions qui seront prises lors du prochain sommet de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, le 14 décembre, a annoncé ce lundi, le gouvernement de transition guinéen. 

"Un délai d'un an a été fixé pour la transition, mais cela sera évidemment soumis à la conférence des chefs d'État et de gouvernement, le 14 décembre, et en fonction de cette décision, nous saurons comment agir et comment procéder", a déclaré le ministre des Affaires étrangères de Guinée-Bissau, João Bernardo Vieira en réponse à une question des journalistes.

Mathias Hounkpé, l'un des responsables de l'Institut électoral pour la démocratie durable en Afrique, se prononce sur les attentes de cette mission et sur les raisons du choix de Brazzaville comme lieu d'exil du président déchu, Umaro Sissoco Embalo. 

Umaro Sissoco Embalo a trouvé réfuge à Brazzaville après le coup d'État qui l'a renverséImage : Kristina Kormilitsyna/Sputnik/REUTERS

 

Mathias Hounkpé : la Cédéao a été cette dernière année un peu affaiblie par sa manière de gérer les interruptions des processus démocratiques dans les pays de la sous-région. Et donc cet affaiblissement constitue le premier obstacle que la Cédéao devra vaincre, même si le cas de la Guinée-Bissau est tellement spécifique qu’il permet une sorte de marge de manœuvre à la Cédéao. Moi, je peux vous dire l'idéal serait d'emmener les militaires à accepter la proclamation des résultats, puisque le processus électoral était terminé, puisque personne n'avait rien à reprocher aux élections. La preuve, même dans les justifications de l'intervention des militaires, ils n'ont pas mentionné les élections en tant que telles. Ça veut dire que personne, je veux mettre un grief n'avait rien à reprocher. Il est possible également, selon la manière dont les débats vont évoluer, que la Cédéao accepte un délai plus limité que celui demandé par les militaires pour réorganiser les élections.

DW : après Dakar, Le président déchu Umaro Sissoco Embalo est arrivé samedi à Brazzaville. Pourquoi selon vous cette destination ?

Mathias Hounkpé : moi je dirais la première raison et peut être la raison principale, c'est sa proximité avec le président congolais, Denis Sassou Nguesso qui ne date pas d'aujourd'hui. Donc, je crois que beaucoup de gens le savent, qu'ils sont proches il y a bien longtemps. Le deuxième élément, c'est qu'au fond, de façon très rapide, ça devenait évident qu'il ne pouvait pas rester au Sénégal parce que déjà, à la tête de l'État, on avait une sorte de division de position par rapport à ce qui s'était passé en Guinée-Bissau. Le Sénégal a déjà donné la preuve par le passé, quand vous créez des situations compliquées dans votre pays, le Sénégal fait partie des pays où les citoyens peuvent sortir et manifester pour demander que vous ne cherchiez pas refuge chez eux. Et donc, je pense que c'était difficile pour lui de rester au Sénégal.