1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Dans le collimateur de Donald Trump, la CPI reçoit le prix Sakharov

22 octobre 2026

Ce prix est décerné à la CPI au moment où la juridiction internationale est dans le collimateur de l'administration Trump.

Vue extérieure de la CPI à La Hague
Les États-Unis mènent une campagne diplomatique visant à faire pression sur des pays pour qu'ils se retirent de la CPI.Image : Nicolas Economou/NurPhoto/picture alliance

Le prix Sakharov pour la liberté de pensée a été attribué à la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé ce jeudi (22.10) Roberta Metsola, la présidente du Parlement européen.

Basée à La Haye, aux Pays-Bas et comptant 125 États membres, la Cour pénale internationale juge les individus accusés des pires atrocités commises dans le monde : crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.

Ce prix intervient à un moment où la cour est confrontée "à des défis sans précédent", a souligné sa présidente, la juge Tomoko Akane, après avoir remercié le Parlement européen.

 

Tomoko Akane a assuré qu'elle ne se laissera pas intimider par les sanctions américaines.Image : Koen Van Weel/ANP Pool/AP Photo/dpa/picture alliance

est sous le coup de sanctions américaines depuis fin août, tout comme le substitut du procureur de la CPI, le Sénégalais Abdoulaye Seye.

Ces sanctions interdisent notamment aux magistrats d'entrer sur le sol américain et bloquent toute transaction immobilière ou financière avec eux aux Etats-Unis.

L'administration de Donald Trump accuse la CPI d'être politisée

Le 9 octobre, Washington avait annoncé de nouvelles sanctions contre l'institution, visant à paralyser son fonctionnement quotidien, quelques heures après la remise du prix Nobel de la paix à l'une de ses anciennes juges, la Sud-Africaine Navi Pillay.

Le président américain estime que le prix Nobel aurait dû lui revenir, a fustigé un choix "honteux". Et son secrétaire d'État Marco Rubio a promis de démanteler "brique par brique" la Cour de La Haye, qualifiée de "tribunal voyou".

Ursula von der Leyen dénonce les pressions contre la CPI

Lla présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a félicité la CPI et l'a assurée de son soutien, soulignant qu'elle "doit pouvoir mener à bien sa mission en toute indépendance, sans subir de pressions ni d'intimidations".

Outre la CPI étaient en lice l'opposant tanzanien Tundu Lissu ainsi que les soeurs Taraneh et Romina Rahimi, deux Iraniennes emprisonnées dans leur pays.Image : Dennis Lomme/EU

Au Parlement européen, la gauche et le centre soutenaient la CPI pour le prix Sakharov tandis qu'une partie de l'extrême droite et surtout la droite proposaient de récompenser l'opposant tanzanien Tundu Lissu.

Ce prix a été créé en 1988 en l'honneur du dissident soviétique et physicien nucléaire Andreï Sakharov, prix Nobel de la paix en 1975.

Le Parlement européen organisera une cérémonie pour sa remise le 16 décembre dans l'hémicycle de Strasbourg.

Plusieurs ressortissants africains condamnés et actuellement détenus aux Pays-Bas

Les sanctions américaines qui pèsent sur la CPI, mais aussi, plus largement, un vent politique hostile à la justice internationale, mettent en péril l’action de la Cour de la Haye, sans qu’on puisse évaluer quelles pourraient être les conséquences pour les ressortissants africains actuellement détenus.

Car plusieurs sont en ce moment emprisonnés au centre de détention de Scheveningen, aux Pays-Bas, dans le cadre d'affaires liées à des crimes internationaux. 

C'est le cas d'Alfred Yekatom et de Patrice-Edouard Ngaïssona, originaires de République centrafricaine et anciens dirigeants du groupe rebelle Anti-balaka. Il ont été condamnés en juillet 2025 à respectivement 15 et 12 ans de prison.

Il y a aussi le djihadiste malien Al Hassan Ag Abdoul Aziz. Reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité en juin 2024, il a été condamné à dix ans de prison en novembre 2024, avant que sa peine ne soit réduite d'un an à l'issue d'un réexamen prononcé en juillet 2025.

Ali Kushayb, ancien chef de la milice janjawid au Darfour, a été lui aussi condamné à 20 ans de prison, par la CPI, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Une décision toujours contestée en appel. 

Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW