La CPI suspend son procureur Karim Khan
9 juin 2026
La décision de la suspension du procureur général de la Cour pénale internationale, Karim Khan a été prise lundi (08.06.2026) par le bureau de l'Assemblée des États parties à la CPI, à la suite d'allégations d'agression sexuelle portées par une membre de son équipe.
Dans un communiqué, l'organe de gouvernance de la Cour a précisé que cette suspension avait été adoptée à la majorité qualifiée de ses membres, tout en soulignant qu'elle ne préjugeait en rien de l'issue finale de la procédure.
Une enquête en cours et un retrait déjà engagé
Âgé de 55 ans, le magistrat britannique fait l'objet d'une enquête interne concernant les accusations formulées à son encontre. Dès mai 2025, il avait annoncé sa mise en retrait temporaire afin de préparer sa défense, tout en rejetant fermement les allégations.
Cette situation a déjà eu des conséquences sur certaines procédures sensibles de la Cour. Karim Khan a notamment été récusé dans le dossier visant l'ancien président philippin Rodrigo Duterte, poursuivi pour crimes contre l'humanité dans le cadre de sa guerre contre la drogue.
Les 125 États membres de la CPI devront désormais se prononcer rapidement sur la suite à donner à cette affaire.
Une figure centrale de la justice internationale
Nommé procureur de la CPI en juin 2021, Karim Khan s'est imposé comme l'un des visages les plus connus de la justice pénale internationale. En 2024, il avait attiré l'attention de la communauté internationale en obtenant des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant dans le contexte de la guerre à Gaza.
La Cour, basée à La Haye, avait également délivré des mandats d'arrêt contre plusieurs hauts responsables du Hamas, aujourd'hui décédés.
Les décisions prises sous l'autorité de Karim Khan lui ont valu de vives critiques sur la scène internationale. Israël avait demandé sa récusation dans certaines procédures, tandis que les États-Unis lui avaient imposé des sanctions en raison de ses actions judiciaires liées au conflit au Moyen-Orient.
Sa suspension marque une nouvelle étape dans une affaire qui pourrait avoir des répercussions importantes sur le fonctionnement et la crédibilité de la Cour pénale internationale.