À Dakar, la capitale du Sénégal, le lavage de voitures n’est plus réservé aux professionnels. Carrefours, parkings ou coins de rue : l’activité s’est démocratisée.
À Ouest Foire, jeunes, adultes et parfois diplômés s’y engagent pour gagner leur vie dignement. Munis d’un seau, d’un chiffon et de savon, ils redonnent éclat aux véhicules pour 1 000 à 3 000 F CFA.
Une activité de survie face au manque d’emplois
Pour Moussa Baldé, ce travail est devenu une nécessité. Lui qui rêvait de devenir enseignant a dû abandonner ses études pour soutenir sa famille restée à Kolda, à plus de 700 km de Dakar.
"Je suis l’aîné de mes parents, donc leur seul soutien. Grâce à ce que je gagne ici, j’envoie de l’argent pour acheter à manger et gérer les urgences", explique-t-il. Ses revenus varient entre 3 000 et 5 000 francs CFA par jour.
Dans le même secteur, Aliou, électricien de formation, s’adapte lui aussi à la conjoncture. L’arrêt des activités dans le bâtiment depuis plus d’un an l’a contraint à se reconvertir temporairement.
"Je ne peux pas rester à la maison sans rien faire. Avec ce que je gagne ici, j’ai de quoi manger et aider ma famille", confie-t-il.
Débrouille, solidarité et espoir
Pour certains, cette activité reste un tremplin. Saliou, candidat libre au Brevet de fin d’études moyennes (BFEM), continue de croire en ses études. "Je prends une partie pour manger, j’en garde un peu et j’envoie le reste à ma famille. Le moment venu, j’irai passer mon examen", affirme-t-il.
À Ouest Foire, Moustapha Diao fait figure de pionnier. Présent depuis 2007, il a vu le secteur évoluer et se densifier.
"Avant, je pouvais gagner jusqu’à 15 000 francs par jour. Aujourd’hui, il y a plus de monde, donc moins de revenus", souligne-t-il. Malgré cette concurrence, il parvient à subvenir aux besoins de ses cinq enfants et de ses proches restés au village.
Même des étudiants universitaires s’y mettent, souvent en cachette. L’un d’eux confie anonymement que sa famille ignore qu’il dépend de ce "petit boulot" pour survivre à Dakar.
Devenu une véritable activité économique informelle, le lavage de voitures offre une bouffée d’oxygène à une frange de la population frappée par le chômage.
