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La vie en errance des déplacés dans l'Est de la RDC

29 avril 2026

Autour de Goma, dans l’Est de la RDC, des milliers de familles déplacées, privées de leurs terres et de leurs moyens de subsistance, peinent aujourd’hui à se nourrir.

Une femme déplacée avec deux enfants en bas âge, porte un banc et quelques affaires personnelles sur son dos.
Les deux tiers des personnes ayant été confrontées à des crises alimentaires dans le monde l'an dernier vivaient dans seulement 10 pays, dont un tiers au Soudan, au Nigeria et en RDC, selon un rapport annuel soutenu par l'Onu. Image : MICHEL LUNANGA/AFP/Getty Images

Depuis le démantèlement de plusieurs camps de réfugiés, l'an dernier, à la suite de l'avancée des rebelles du M23, ces populations vivent désormais au sein de communautés d'accueil, dans des conditions extrêmement précaires.

Pendant ce temps, le Programme alimentaire mondial (Pam), a été contraint de réduire ses distributions, faute de financements suffisants, alors même que les besoins humanitaires ne cessent d'augmenter.

Elizabeth Paul avait fui son village, dans le Rutshuru, il y a de cela trois ans, pour se réfugier dans le camp de Bushagara au nord de la ville de Goma. Mais après le démantèlement de ce camp, elle n'a pas pu retourner chez elle et vit depuis janvier 2025 dans une famille d'accueil.

"Une amie avait accepté que j'habite dans sa cuisine, raconte-t-elle. Quand nous étions chez nous, nous mangions bien. Mais aujourd'hui, on ne trouve presque plus à manger et mes enfants souffrent de malnutrition."

Camps de déplacés démantelés

Mère de neuf enfants, Elisabeth Paul, la main à la joue, incarne le désespoir des familles déplacées aux abords de Goma, où la faim est devenue quotidienne. Depuis leur fuite, elles ont tout perdu : maisons, terres et autonomie alimentaire. La situation s'est encore aggravée après le démantèlement de plusieurs camps, à la suite de l'avancée du M23.

Dispersées et sans assistance stable, elles vivent une crise dont les effets sont visibles au centre de santé de Rusayo, où les soignants constatent une hausse alarmante des cas de malnutrition, notamment chez les jeunes enfants et les femmes enceintes.

Ecoutez le reportage à Goma...

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Justine Kabusoko, infirmière au centre de santé de Rusayo, explique que "l'aire de santé de Rusayo d'une manière générale est une aire de santé vulnérable, premièrement parce que c'est une aire de santé qui est à la limite du parc. On essaie de montrer aux mamans comment faire avec les aliments locaux pour soutenir l'état nutritionnel mais c'est pas suffisant."

Difficultés d'approvisionnement de l'aide humanitaire

Faute d'une alimentation suffisante, les soins médicaux montrent vite leurs limites, rendant l'aide humanitaire indispensable. Mais celle‑ci recule : faute de financements, le Pam a réduit ses interventions et se concentre désormais sur les cas les plus graves, avec des rations limitées dans certains centres de santé, explique Pascal Durot, son représentant au Nord‑Kivu.

Selon lui, "en réalité, le Pam essaye avec les moyens qu'il a maintenant pour les assister. Et les produits que nous avons sont des produits pour faire de la prévention et aussi du traitement. Ce sont les super céréales. L'approvisionnement même devient difficile parce que les ressources s'amenuisent. Alors le Pam essaye de lancer un appel à toutes les personnes ou les bailleurs qui peuvent nous assister".

Sur le terrain, cette réduction de l'aide se traduit par des repas sautés, des enfants affaiblis et des familles livrées à elles-mêmes. Selon le Pam, en mars dernier, plus de 150 enfants souffrant de malnutrition ont été reçus au mois de mars seulement.

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