Des inondations meurtrières en Côte d'Ivoire
2 juillet 2026
Après le retrait des eaux, l’heure est au bilan des dégâts et à la colère des victimes.
Dans le quartier de Mossikro, dans la commune d’Attécoubé, un violent éboulement de terrain a enseveli plusieurs habitations. Le bilan est particulièrement lourd : 14 personnes ont perdu la vie.
Parmi les sinistrés, Ernest Kossonou, fonctionnaire à la retraite. En quelques instants, il a tout perdu : sa maison, ses biens, mais surtout son unique garçon, âgé de 14 ans.
Quelques jours après le drame, la douleur reste intacte. Inconsolable, il tente encore de trouver les mots pour raconter cette tragédie qui a bouleversé sa vie.
"J'entends boum ! J’ai tapé à la porte pour que tout le monde sorte. Parce que ça ne va pas. Ma fille était couchée avec moi dans la chambre, ici. Mon fils, lui, était couché ici. Je regarde mon fils, il est mort. J’ai commencé à pleurer. Je ne savais pas quoi. Tout ça, c'est Dieu. C'est Dieu. Je ne sais pas quoi", témoigne-t-il.
Regard impuissant…
À quelques encablures de là, c’est Traoré Issa, un chauffeur de taxi, qui regarde, impuissant, son véhicule au fond d’un large caniveau. Il a été entraîné dans cet ouvrage de drainage par un autre taxi qui l’avait percuté, sous une forte pluie, lundi dernier.
"Dès que je me suis garé, les gens de la boulangerie m'ont dit : Monsieur, il faut descendre, il faut descendre. L'eau, là, vient trop fort. Dès que je suis descendu, lui (ce taxi) est venu me percuter en même temps. Et les deux taxis sont tombés dans le caniveau."
… et spectacle désolant
Ailleurs, dans la commune résidentielle de Cocody, au quartier de la Riviera Palmeraie, le spectacle est tout aussi désolant. Toutes les voies d’accès ont été englouties par les eaux, isolant de nombreux habitants.
Sur place, les dégâts sont considérables : des maisons entièrement inondées, des poteaux électriques et des portails arrachés par la violence des eaux. Des véhicules, emportés sur plusieurs centaines de mètres, se sont retrouvés empilés les uns sur les autres, témoignant de la puissance exceptionnelle des torrents.
"Toutes les voitures que vous voyez là, ce sont des voitures qui viennent de l’autre côté. Ce ne sont pas les voitures de cette cité", raconte Jean-Luc, un habitant du quartier.
Dans le même quartier, dimanche et lundi derniers, Caroline Koné et sa famille ont trouvé refuge sur le toit de leur maison pendant les fortes pluies. Dans la cour, tout ou presque est irrécupérable.
"On n’a pas pu sauver quelque chose. On est montés sur le toit avec ma maman. Elle est vieille. Je l’ai soulevée et on était en haut. On a trop souffert dans cette cité. Chaque deux ans, l’eau rentre chez nous. Les gens disent qu’ils ont fait un caniveau, mais c'est la même chose, hein !" se désole Caroline Koné.
"Nous sommes vraiment fâchés !" Nous ne sommes pas contents ! Regardez, ça fait la troisième fois que ça nous arrive. On nous a fait croire que les travaux qui ont été faits, c'était pour régler le problème définitivement. On nous a rassurés, mais regardez ce qui est arrivé. Les maisons sont inondées. On en a marre, on en a vraiment marre !" explique Bruno.
Bien qu'énoncées par les services météorologiques, les fortes pluies de dimanche et de lundi derniers ont pris de court de nombreux Abidjanais. Elles ont provoqué d’importantes inondations et des éboulements meurtriers dans plusieurs communes de la capitale économique.
Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, les autorités appellent les populations à redoubler de vigilance. Les habitants des zones à risque sont particulièrement invités à évacuer les lieux, afin de préserver leur vie, alors que la saison des pluies est encore loin d’être terminée.