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La scolarisation des filles, un enjeu économique majeur

13 juillet 2026

Pauvreté, grossesses précoces, mariages forcés, longues distances vers les établissements : en Afrique, des millions de filles restent encore privées d'école.

L'entrée d'une école pour les enfants de la rue, appelée Heha happy scholl, à Bujumbura.
Le taux de scolarisation au niveau de l'école primaire est élevé. C'est ensuite que les filles sont poussées à abandonner l'école.Image : Antéditeste Bujumbura/DW

Plusieurs dirigeants africains étaient réunis récemment à Bujumbura, au Burundi, pour faire face à la déscolarisation des filles. Derrière les discours et les engagements, l'ambition est claire : transformer la scolarisation des jeunes africaines en un moteur de croissance économique, en lien avec l'Agenda 2063 de l'Union africaine. Cependant, une question s'impose : ces engagements se traduiront-ils en actions concrètes, capables de convaincre les familles de garder leurs filles à l'école ?

La pauvreté, les grossesses précoces, les mariages forcés, ou encore les longues distances vers les établissements scolaires sont autant de facteurs qui expliquent les faibles taux de scolarisation des filles en Afrique.

Harcèlement sexuel

Aux Comores, par exemple, ces obstacles restent bien réels, comme l'explique Soilihi Bibiyezi, jeune étudiante comorienne, qui revient sur les causes du retard scolaire des jeunes filles. Selon elle, "on peut citer le retard de scolarisation dans certaines régions éloignées, ce qui fait que des filles se retrouvent âgées par rapport à leur classe. Aujourd'hui, à 16 ou 17 ans, on peut déjà avoir son bac. Et être encore en CM2 ou en 6e, à cet âge-là, cela décourage".

Au Burundi, comme dans de nombreux pays africains, d'autres facteurs viennent s'ajouter, comme les pesanteurs sociales et le manque de sensibilisation. Clarette Kaze, lycéenne à Bujumbura, évoque notamment les difficultés liées au harcèlement sexuel que subissent certaines adolescentes. "C'est difficile à expliquer, explique-t-elle. Il y a des personnes qui veulent coucher avec nous. Si tu es majeure, tu sais comment t'y prendre. Mais si tu te comportes mal, cela peut impacter négativement ta scolarité et ta carrière".

Ecoutez le reportage à Bujumbura...

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Mais la situation est encore plus préoccupante dans certaines communautés. Chez les filles musulmanes, au Burundi, le taux d'abandon scolaire est plus élevé, souvent lié aux mariages précoces, selon l'enseignante Zainab Hassan. Elle observe que "les filles musulmanes abandonnent à un taux plus élevé par rapport aux garçons. La principale cause de cet abandon est surtout le mariage précoce. Les parents, ainsi que les leaders religieux, doivent nous aider à sensibiliser les filles, en leur montrant le bien-fondé de l'école, mais aussi les conséquences néfastes de l'abandon scolaire".

L'abandon scolaire massif après la primaire 

L'Union africaine veut faire de l'éducation des femmes un pilier central de son Agenda 2063, avec l'ambition que celles-ci puissent renforcer le développement économique du continent.

Il faut renforcer l'accès et surtout le maintien des filles à l'école, notamment dans les filières scientifiques, le numérique, l'entrepreneuriat et la formation professionnelle.

Car malgré un taux de scolarisation primaire élevé chez les filles, souvent au-dessus de 90 %, les abandons ensuite restent massifs. En Afrique subsaharienne, seulement 43,5 % des filles terminent le premier cycle du secondaire, et à peine 27 à 29 % le second cycle.

Antéditeste Niragira Correspondant multimédia à Bujumbura au Burundi pour le programme francophone de la Deutsche Welle
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