Les doléances des pays africains à l'Onu
24 septembre 2025
Cette année, les dirigeants africains qui prennent part à l'Assemblée générale des Nations unies vont réitérer des demandes déjà plusieurs fois formulées : obtenir une voix plus forte dans la gouvernance mondiale, promouvoir la paix et la sécurité, et mobiliser des ressources pour le développement durable.
Ils vont surtout plaider en faveur d'un ordre mondial plus équitable, qui reflète l'importance géopolitique croissante du continent et remédie à sa marginalisation historique.
Appels anciens
Les appels à la réforme de l'Onu ne sont pas nouveaux. Néanmoins, les dirigeants africains renouvellent leur demande d'une représentation permanente au Conseil de sécurité, arguant que la structure actuelle est obsolète et injuste.
Alors que l'Afrique apporte une contribution significative aux missions de maintien de la paix de l'Onu et au développement mondial, elle reste sous-représentée dans les processus décisionnels clés.
Le continent réclame au moins un siège permanent au Conseil de sécurité, une revendication qui se heurte à l'opposition des pays qui siègent au sein de cette instance.
Michael Kwadwo Nketiah, expert en relations internationales, explique :
"Même si l'Afrique parvient à obtenir les deux tiers des 193 États membres actuels pour voter en faveur de son entrée au Conseil de sécurité, cette résolution devra être ratifiée par les cinq membres permanents, à savoir le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, la Chine et la Russie. Ces pays n'ont jamais partagé leur pouvoir avec d'autres membres permanents ou non permanents des Nations unies et ne sont pas disposés à le faire."
Plaidoyer de l'Afrique du Sud
Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a averti, lundi, dans sa lettre d'information hebdomadaire, que la structure obsolète du Conseil de sécurité des Nations unies et l'utilisation persistante du droit de veto par les membres permanents érodent la légitimité de l'Onu et entravent les efforts de paix mondiaux.
"Ces cinq membres permanents prennent effectivement des décisions au nom de plus de 85 % de la population mondiale vivant dans les pays du Sud", a déclaré M. Ramaphosa. "Ils continuent d'utiliser leur droit de veto pour paralyser efficacement l'action collective et empêcher toute réponse rapide aux crises, même face à des violations manifestes du droit international."
Cyril Ramaphosa a fait valoir que ce déséquilibre compromet la neutralité et la crédibilité de l'Onu.
Reconnaissance de la Palestine
La question palestinienne est aussi une des préoccupations des dirigeants africains. Parmi eux, c'est encore le Sud-Africain Cyril Ramaphosa qui s'est montré le plus virulent dans sa condamnation des violences en cours à Gaza. Celui-ci a réaffirmé, à plusieurs reprises, que son pays ne restera pas silencieux face à la guerre à Gaza.
D'autres dirigeants africains ont également exprimé leur solidarité, établissant un parallèle entre la lutte des Palestiniens et l'histoire coloniale et oppressive de l'Afrique.
"De nombreux pays africains, voire la plupart d'entre eux, reconnaissent déjà la Palestine.", rappelle Fidel Amakye Owusu, analyste en sécurité, spécialisé dans les affaires africaines et la géopolitique. "Ce qui est nouveau pour l'Occident, dans cette nouvelle reconnaissance de la Palestine, est quelque chose d'ancien pour les Africains. Nous avons toujours reconnu la Palestine et cette solution à deux États a toujours été à l'ordre du jour."
M. Owusu faisait référence à la reconnaissance de la Palestine, cette semaine, notamment par le Royaume-Uni, la France et l'Australie.
L'Afrique du Sud préconise que la Palestine passe du statut d'observateur à celui de membre à part entière de l'Onu, où elle pourra voter.
En revanche, les conflits dans la région du Sahel et dans l'est de la République démocratique du Congo, où les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont conquis de vastes territoires, notamment les villes de Goma et Bukavu, ne devraient pas retenir beaucoup l'attention des participants à cette Assemblée générale annuelle.