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Comment rendre les Jeux africains de la jeunesse durables ?

Jonathan Harding Ali Farhat
18 décembre 2025

La 4e édition des Jeux africains de la jeunesse se déroule en Angola jusqu'au 20 décembre prochain. Qu'en sera-t-il des jeunes athlètes, mais aussi des infrastructures, une fois la compétition terminée ?

Un fan de l'Angola lors de la CAN 2019
L'Angola espère donner une bonne image d'elle-même après ces Jeux africains de la jeunesseImage : Fadel Senna/AFP/Getty Images

Sept ans après la dernière édition, qui s'était déroulée en Algérie (et quinze ans après la toute première, en 2010 à Rabat, au Maroc), la 4e édition de ces Jeux africains de la jeunesse a donc lieu cette année en Angola. Jusqu'au 20 décembre prochain, des jeunes du continent âgés de 14 à 17 ans s'affrontent dans 33 disciplines. 

C'est une bonne idée que de donner à la jeunesse l'occasion de s'exprimer, selon Bella Bello Bitugu, professeur au sein du département d'éducation physique et d'études sportives de l'université du Ghana, qui craint néanmoins l'absence de suivi de ces jeunes athlètes par la suite :  

"Le développement du sport est une bonne idée en soi, d'avoir de telles compétitions, de donner de telles opportunités aux jeunes...Mais la question qui demeure est la suivante : que va-t-il se passer ensuite ?", s'interroge-t-il. "Quel sera le suivi ? Où sont les infrastructures, les programmes de développement au pays ?"

Le Dr. Bella Bello Bitugu a notamment étudié au Ghana et en AutricheImage : privat

Le sportswashing à la sauce angolaise

Bitugu s'interroge également sur les motivations qui poussent un pays régulièrement critiqué pour son bilan en matière de droits humains à investir autant dans le sport ces derniers temps. 

Mi-novembre dernier, l'Argentine de Lionel Messi a attiré une foule immense pour un match amical dans la capitale Luanda dans le cadre des célébrations du 50e anniversaire de l'indépendance du pays. Messi avait marqué et l'Argentine s'était imposée 2-0. 

Un cas clair de sportswashing, selon Bella Bello Bitugu :

"Ils se disent clairement que c'est pour donner de bonnes nouvelles au reste du monde, en s'ouvrant ainsi, en effectuant de telles démonstrations de paix, toutes les choses jamais mentionnées quand on parle de l'Angola, sans oublier une distribution égale des immenses ressources que possède le pays", assure le professeur.

Quel avenir pour les infrastructures construites pour ces Jeux ?

Pour ces jeux africains de la jeunesse, l'Angola a massivement investi dans des infrastructures, à l'image du complexe sportif paralympique de Bengo, à Caxito, au nord-est de Luanda.

Cette installation ultramoderne couvre plus de 20 disciplines olympiques et paralympiques et peut accueillir 250 athlètes. Bien qu'il s'agisse clairement d'un pas dans la bonne direction en termes de développement, Bitugu se demande si ce complexe, comme d'autres installations sportives, sera durable :

"Vont-elles devenir des éléphants blancs ? Vous savez, les infrastructures sportives coûtent cher, et ne sont pas rentables en soi. Pour qu'elles le soient, il faut qu'elles soient liées à des activités non-sportives, surtout si vous n'êtes pas constamment financé par le gouvernement. Vous ne pouvez pas toujours compter sur le gouvernement pour vous donner de l'argent", estune Bella Bello Bitugu.

La pérennité de ces installations et de ces événements revêt une importance capitale, car ces Jeux africains de la jeunesse en Angola, tout comme les Jeux olympiques de la jeunesse qui auront lieu à Dakar l'an prochain, doivent être vus comme un investissement durable dans la jeunesse. La compétition est importante, mais les occasions régulières de développer les valeurs que le sport véhicule le sont encore plus. 

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