Ethiopie: deux collaborateurs DW "suspendus définitivement"
12 décembre 2025
La Deutsche Welle (DW), radio-télévision internationale allemande, dénonce ce vendredi [12.12.2025] la suspension définitive de deux de ses correspondants en Éthiopie. La DW qualifie cette mesure d’"inacceptable".
Contexte tendu pour la liberté de la presse en Éthiopie
Cette décision du gouvernement d’Addis Abeba survient dans un contexte pré-électoral, puisque le pays doit organiser des élections législatives en juin 2026.
La liberté de la presse est en recul, du fait de restrictions croissantes.
L’Ethiopie figure au 145e rang sur 180 du classement mondial de la liberté de la presse établi par l'ONG Reporters Sans Frontières (RSF). Elle a perdu quatre places par rapport à l’an dernier.
Des suspensions "inacceptables" pour la DW
En octobre, neuf journalistes locaux travaillant pour DW avaient été suspendus par l’Autorité éthiopienne des médias (EMA). Sept d’entre eux ont été autorisés à reprendre leur activité cette semaine, mais deux restent exclus.
L’EMA invoque des "allégations générales" de non-respect des lois et de l’éthique professionnelle, ainsi que la diffusion "d’informations trompeuses". La DW rejette ces accusations et envisage une action en justice.
Les deux correspondants concernés couvraient des zones sensibles : le Tigré, région du nord de l’Ethiopie ravagée par la guerre entre 2020 et 2022, et l’Amhara où se déroulent des affrontements entre forces fédérales et groupes armés.
"Il est inacceptable que nos deux correspondants doivent cesser leur travail sans aucune explication concrète", s’insurge Manuela Kasper-Claridge, rédactrice en chef de la DW.
RSF dénonce une décision arbitraire
L’ONG Reporters sans frontières dénonce également une "décision arbitraire" qui "met à mal le droit à l’information". RSF appelle les autorités d’Addis-Abeba à "mettre fin aux intimidations visant le service en langue amharique" de la DW.
Ces suspensions s’ajoutent à une série d’arrestations de journalistes et de saisies de matériel ces derniers mois.
Selon RSF, cinq journalistes sont actuellement détenus en Ethiopie. Le pays est dirigé depuis 2018 par le Premier ministre Abiy Ahmed, lauréat du prix Nobel de la paix en 2019.