En RDC, la difficulté à isoler les enfants face à Ebola
23 juin 2026
À Bunia, le chef-lieu de la province de l'Ituri, dans l'Est de la RDC et qui est l'épicentre de l'épidémie d'Ebola, le gouvernement vient d'ouvrir des crèches pour séparer les enfants des parents malades.
Le constat est alarmant. Dans son communiqué en date du 15 juin, Save the Children tire la sonnette d'alarme : les enfants de moins de cinq ans affichent un taux de létalité de presque 44 %.
Pour la tranche des 5-14 ans, la mortalité chute à un tiers, mais c'est toujours beaucoup plus que chez les adultes de 15 ans et plus.
La difficulté à placer les enfants en quarantaine
Depuis le début de l'épidémie, plus de 50 enfants ont été contaminés en Ituri. Sans mesure urgente pour les isoler des malades, la situation pourrait devenir dramatique, prévient le docteur Babou Rukengeza, responsable de la riposte contre Ebola à Save the Children.
Selon lui, "le système immunitaire des enfants n'est pas assez fort pour résister à une infection. En Afrique, les enfants vivent très près de leurs parents, de leurs tantes. Ces contacts réguliers exposent l'enfant. Il ne faut pas qu'un enfant reste dans un centre de traitement Ebola, au risque d'être infecté lui aussi. Il faut tenir compte de la santé de l'enfant."
Des crèches pour accueillir les enfants de parents malades ou décédés
Face à cette urgence sanitaire, le 18 juin dernier, à Bunia, la ministre des Affaires sociales, Eve Bazaiba, a annoncé l'ouverture de deux crèches : au Centre médical évangélique et à l'Hôpital général de Rwampara.
"Nous nous occupons essentiellement des enfants de zéro à 17 ans, explique la ministre. Soit leurs parents sont décédés d'Ebola, soit ils sont malades et les enfants sont sains. On ne peut pas les laisser exposés. Nous les mettons de côté, surtout les bébés. Des crèches ont été créées à côté des sites de riposte."
Plus de 16 enfants sont déjà décédés. Huit autres, guéris, ont pu sortir de l'hôpital grâce aux soins des équipes médicales.
À Bunia, la lutte contre Ebola se joue aussi dans ces crèches. L'enjeu est de protéger la couche la plus vulnérable de la population, alors que l'épidémie continue de progresser dans la province de l'Ituri.