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RDC : Ebola progresse pendant que les jeunes doutent encore

22 mai 2026

Les rumeurs, les fake news sur l'épidémie d'Ebola font douter certains Congolais de la véracité même de l'épidémie. Pourtant, le virus continue de tuer en RDC.

RDC Bunia | Ebola  | Une soignante prend la température frontale d'une malade à Bunia (Ituri) - photo du 19 mai 2026
Les personnels soignants recommandent de suivre les mesures d'hygiène et d'éviter tout contact avec les patient*e*s et les personnes décédées d'EbolaImage : Marcus Loika/DW

Une semaine après la déclaration de l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo, la propagation se poursuit, mais le message de lutte et de protection ne passe pas facilement, surtout auprès des jeunes.

Alors que la province de l'Ituri reste l'épicentre de la maladie, celle-ci touche également les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. C'est la 17e épidémie enregistrée en RDC depuis 1976. Malgré cela, beaucoup de Congolais continuent à douter de son existence. 

Les fake news ont la vie dure

Au moins 177 personnes sont déjà mortes de la maladie à virus Ebola, une semaine seulement après sa déclaration dans les zones de santé de Mongbwalu et de Rwampara, en Ituri. La propagation est rapide, avec déjà près de 750 cas suspects, selon l'Organisation mondiale de la santé

Malgré cela, des informations erronées autour de la maladie persistent.

Un hôpital a été incendié le 21 mai 2026 en Ituri parce que des proches réclamaient les corps des défunts victimes d'EbolaImage : Gradel Muyisa Mumbere/REUTERS

Un hôpital incendié

L'Alliance pour l'action médicale internationale, l'Alima, précise que ces rumeurs ont poussé des jeunes à incendier, ce jeudi, deux tentes qui abritaient des patients atteints d'Ebola, à l'hôpital général de Rwampara.

Ces jeunes gens exigeaient le corps d'une victime qui était en préparation pour une inhumation sécurisée. Barry Mamadou Kaba, chef de mission de l'Alima en RDC, s'en désole : 

"Alima alerte sur la diffusion d'informations erronées ou non confirmées sur les réseaux sociaux et sur le web, susceptible d'alimenter la peur, la désinformation et la défiance envers les dispositifs de santé et les équipes médicales engagées dans la réponse à Ebola. Dans un contexte aussi sensible, la circulation d'informations vérifiées est essentielle pour protéger les populations et garantir l'accès aux soins.”

Allez voir un médecin aux premiers symptômes

Les signes de l'épidémie à virus Ebola sont une fièvre soudaine, une grande fatigue, des maux de tête, des douleurs musculaires, des vomissements, des diarrhées et, parfois, des saignements.

Le docteur Jean Kaseya, directeur général du Centre de contrôle et de la prévention des maladies en Afrique, déconseille l'automédication :

"Quand vous avez des signes, le conseil que je vous donne : allez à l'hôpital, allez au centre de santé. Evitez l'automédication puisque vous ne connaissez pas les médicaments que vous prenez. Vous ne connaissez pas les conséquences. On est encore dans la phase active de l'épidémie. On recherche les cas. Je m'attends à ce que le nombre de cas puissent augmenter.”

Appel aux jeunes

Les jeunes restent parmi les plus vulnérables aux fausses informations. Kevin Issa, une personnalité active dans le football en RDC, candidat malheureux à la présidence de la Fédération congolaise de football association, la Fecofa, incite donc la jeunesse congolaise à se protéger.

"Je demande aux jeunes de prendre cette maladie très au sérieux. Ebola existe réellement, dit-il. Ce n'est ni une invention, ni une rumeur. Nous devons éviter la désinformation et écouter les médecins. Les jeunes ont aussi le devoir de sensibiliser autour d'eux pour protéger leur famille et leurs proches.”

L'épidémie due au virus Ebola représente désormais un risque très élevé pour la santé publique en RDC, selon le patron de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom. Aucun vaccin ni traitement n'est jusque-là disponible contre la souche Bundibugyo du virus actuellement en circulation.

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