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L'épidémie d'Ebola fait plus de 2 000 morts en RDC

Pascal Mapenzi
11 août 2026

Face au rythme de propagation sans précédent, des survivants du virus multiplient les visites à domicile et les dialogues communautaires.

Une personne du corps médical en train d'enfiler sa tenue de protection.
L'insécurité entretenue par des groupes armés et la défiance de la population compliquent la riposte dans les provinces affectées par l'épidémie.Image : John Wessels/AFP

Dans l'est de la République démocratique du Congo, où le nombre de cas d'Ebola continue d'augmenter. Le dernier bilan publié par les autorités sanitaires congolaises mardi fait état de 2 011 décès, sur 4 381 cas confirmés. Le cap des 1 000 décès avait été dépassé le 22 juillet.

Face à cette progression sans précédent de l'épidémie, des survivants de la maladie sont désormais mobilisés pour sensibiliser les Congolais.

Devenus "ambassadeurs de la prévention”, ils multiplient les visites à domicile et les dialogues communautaires pour combattre les rumeurs et convaincre la population d'adopter les gestes qui sauvent.

A Beni, dans la province du Nord-Kivu, la DW les a suivis lors d'une séance de sensibilisation dans un orphelinat.

Les experts de l'OMS ont recommandé la semaine dernière d'évaluer dans un essai clinique le vaccin Ervebo, seul vaccin homologué contre Ebola, faute de vaccin spécifique contre le variant Bundibugyo qui sévit actuellement en RDC. Image : Gradel Muyisa Mumbere/REUTERS

"Eteindre un feu"

Gisèle Mukotso, survivante d'Ebola, explique qu'"à la fin de chaque sensibilisation, je me sens fière, comme si je venais de sauver des vies, comme des héros qui viennent d'éteindre un feu et de sauver toute une communauté".

Sauver des vies... C'est désormais le nouveau combat de ces hommes et de ces femmes qui ont survécu à Ebola. Autrefois malades, ils sillonnent aujourd'hui les quartiers et les lieux publics de Beni pour partager leur histoire, combattre les rumeurs et convaincre la population d'adopter les gestes de prévention.

Ecoutez le reportage à Beni...

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Aujourd'hui, Gisèle Mukotso conduit une mission de sensibilisation dans un orphelinat où vivent des dizaines d'enfants. Elle est là pour expliquer comment prévenir la maladie. 

Son engagement est motivé par une seule volonté : éviter à d'autres familles de vivre le cauchemar qu'elle a connu au centre de traitement Ebola. "J'ai survécu à Ebola, explique-t-elle. J'avais très peur, mais les infirmiers me rassuraient. Ils me disaient que j'allais survivre parce que j'étais arrivé à l'hôpital à temps. Aujourd'hui, il y a encore beaucoup de rumeurs autour d'Ebola. Mais nous, nous sommes des témoins vivants. Nous sommes la preuve qu'on peut être contaminé par Ebola et en guérir. Malheureusement, nos frères continuent de mourir par ignorance. C'est pourquoi nous nous sommes engagés volontairement à sensibiliser la communauté, pour briser les rumeurs et sauver les vies de nos proches".

Sensibiliser les enfants aux règles d'hygiène

Les enfants apprennent les gestes essentiels : se laver régulièrement les mains, signaler rapidement toute personne présentant des symptômes et se méfier des rumeurs qui circulent dans la communauté.

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02:59

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Pour Marie Kahindo, septuagénaire et responsable de l'orphelinat, cette visite arrive à point nommé. Selon elle, "c'était vraiment nécessaire qu'ils viennent sensibiliser les enfants et qu'ils leur montrent comment bien se laver les mains. Nous accueillons beaucoup d'enfants ici, ainsi que de nombreux visiteurs. Le respect des mesures d'hygiène est essentiel pour éviter qu'une éventuelle contamination ne mette tous les enfants en danger. Je ne veux pas qu'Ebola entre dans cet orphelinat. Si un seul enfant est contaminé, tous les autres risquent d'être exposés, et l'orphelinat pourrait être fermé. Désormais, je veillerai à ce que les enfants se lavent régulièrement les mains et je serai plus vigilante quant aux entrées des visiteurs".

Partie de la province de l'Ituri, l'épidémie actuelle se propage "plus rapidement que toutes les épidémies précédentes", selon l'OMS.Image : Dieudonne Dirole/AP Photo/picture alliance

Réduire la méfiance envers les équipes sanitaires

Le témoignage des survivants est renforcé par celui du docteur Maurice Mutsunga, un ancien malade d'Ebola. Infecté en 2018 à l'hôpital de Mangina, près de Beni, alors qu'il soignait des patients durant la dixième épidémie qu'a connue la RDC, celui-ci a survécu. 

Aujourd'hui, le docteur Maurice est de nouveau en première ligne dans la zone de santé d'Oicha, où il sensibilise les communautés et accompagne le personnel soignant dans la riposte. Il rappelle que "les prestataires des soins ont intérêt à respecter toutes les mesures barrières, non seulement pour éviter de se faire contaminer, mais aussi pour éviter de transmettre la maladie d'une personne malade à une autre. Nous sommes inquiets du fait que cette maladie a atteint, pendant une courte période, beaucoup de personnes. C'est ainsi que toute la population et tous les prestataires des soins ont intérêt à s'investir pour lutter contre cette maladie".

Dans une région où la méfiance envers les équipes sanitaires persiste, les survivants d'Ebola restent convaincus que leur témoignage peut convaincre, là où les rumeurs continuent de semer le doute.

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