Ebola : "Notre objectif est d'avoir un vaccin contre Bundibugyo avant la fin de l'année"

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Cela fait près de 20 ans que la souche Bundibugyo du virus Ebola est connue. Pourtant, jusqu’à récemment, elle n’avait jamais fait l’objet d’essais cliniques pour un vaccin ou un traitement. Une situation que le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, juge sans détour : "Ce n’est pas acceptable".
Selon lui, ce retard s’explique en partie par un manque d’intérêt des pays occidentaux pour une maladie perçue comme "africaine". Mais aujourd’hui, les choses évoluent : plusieurs essais cliniques sont en cours, marquant une avancée majeure dans la lutte contre cette souche.
Des essais cliniques prometteurs mais encore incertains
Deux approches thérapeutiques sont actuellement testées. D’une part, une combinaison de molécules — MBP134 et Remdesivir — est à l’étude pour évaluer son efficacité contre Bundibugyo. Parallèlement, un essai clinique porte sur l’Obeldesivir, utilisé en prophylaxie pour les personnes ayant été en contact avec des malades.
Les résultats de ces essais sont attendus dans un délai de "quatre à cinq mois". L’objectif est clair : parvenir d’ici la fin de l’année à disposer d’un traitement, et peut-être même d’un vaccin.
Mais ces avancées scientifiques nécessitent des moyens. Sur les 28 millions de dollars requis pour mener les essais à terme, il manque encore environ une dizaine de millions.
Une crise sanitaire aggravée par l’urgence humanitaire
Au-delà de la recherche, la riposte globale à l’épidémie se heurte à des défis bien plus larges. Les besoins financiers totaux s’élèvent à environ 1,4 milliard de dollars, dont 518 millions pour la santé et 882 millions pour l’aide humanitaire.
La situation est d’autant plus critique que plus de 1,15 million de personnes vivent dans des camps difficiles d’accès, où le virus circule également. "La réponse humanitaire complique la réponse sanitaire", souligne Jean Kaseya.
Si des progrès ont été réalisés — environ 160 millions déjà mobilisés pour la santé — les besoins restent largement supérieurs aux ressources disponibles.
Une mobilisation internationale encore insuffisante
Lors d’une récente rencontre à Hambourg, organisée dans le cadre d’une initiative germano-britannique, Jean Kaseya a plaidé pour un renforcement de la mobilisation internationale.
Des avancées ont été enregistrées, notamment avec plus de 100 millions de dollars promis par des pays africains eux-mêmes. Par ailleurs, une tribune conjointe entre responsables africains et européens doit être publiée prochainement pour afficher une coopération renforcée face à l’épidémie.
Autre point important : éviter les fermetures de frontières, jugées contre-productives dans la gestion de ce type de crise.
Une épidémie déjà hors norme
Six semaines après sa déclaration, cette épidémie est déjà décrite comme "la plus importante à ce stade précoce" en comparaison avec les précédentes flambées d’Ebola.
Malgré tout, Jean Kaseya reste prudent mais déterminé. "Nous devons arrêter cette épidémie très rapidement", insiste-t-il, appelant à une détection précoce des cas et à un recours rapide aux soins.
Le message est simple : consulter dès les premiers symptômes augmente considérablement les chances de survie, notamment grâce aux traitements en cours d’évaluation.