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Election présidentielle en Iran

Philipp, Peter / Pognan, Philippe12 juin 2009

Après une campagne électorale passionnée, la course à la présidence s’annonce serrée entre le président sortant, l’ ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad et son principal rival, le réformateur Mir Hussein Moussavi.

Iran wählt
Urne électorale ornée du drapeau iranien devant une carte de l'IranImage : AP

Quelque 46 millions d’électeurs étaient appelés à se rendre aux urnes. Si dès le premier tour, aucun candidat ne devait l’emporter, un second tour de scrutin devra apporter la décision la semaine prochaine.

Il semble que les choses bougent en Iran. La campagne électorale a été menée de manière plus ouverte et plus libre que jamais au cours des dernières trente années de la République islamique. Pour la première fois, les candidats se sont livré à des joutes oratoires télévisées, non censurées. Et plus étonnant encore, pour la première fois une femme est intervenue activement pour soutenir un candidat, Mir Hussein Moussavi, son époux et principal rival du président en place Mahmoud Ahmadinejad. Zahra Rahnavard est une artiste reconnue et politologue, ancienne rectrice d’Université à Téhéran et conseillère de l’ancien président Mohamad Khatami.

Mir Hussein Moussavi n’est pas le seul candidat, mais le seul qui pourrait détrôner le président en place. Selon les observateurs, les autres candidats: Mohsen Rezai , ultra conservateur, ancien chef des „Gardiens de le Révolution", et Mehdi Karroubi, du camp réformateur, ancien président du Parlement, arrivent loin derrière. Mahmoud Ahminejad a dû encaisser de nombreuses critiques, ses rivaux lui reprochent d’être responsable de la mauvaise situation économique du pays et de son isolement sur la scène internationale. On lui reproche aussi ses nombreux cadeaux distribués de manière ciblée aux électeurs potentiels alors que le taux d’inflation continue de grimper.

Mahmoud Ahmadinejad et Hossein MoussaviImage : picture alliance / abaca / dpa

Ahmadinejad rejette tous ces reproches et souligne que sous sa présidence bien des choses auraient progressé. Mais le pays est confronté à de nombreux problèmes que l’on ne saurait résoudre en quatre ans seulement, souligne-t-il. Le Président justifie aussi sa politique étrangère: „Nous n’acceptons pas les règles dictées par les grandes puisssances. C’est ce que nous a appris l’ Imam Khomeini. L’Imam n’a jamais accepté leurs règles et sinon nous n’aurions pas pu faire la révolution! ".

Mir Hussein Moussavi rend la campagne anti-israélienne du président Ahmadinejad et son négationnisme responsable de l’isolement du pays. Une politique qui a bénéficié à Israel selon lui : „Après les tueries à Gaza, les Européens étaient en train de préparer une résolution contre Israel, mais à cause des déclarations et des fautes de l’Iran, tous se sont finalement rangés à nouveau derrière Israel".

Sur le plan international, même si les avances du président américain Barack Obama n’ont pas été complètement ignorées de la part d’ Ahmadinejad, le dialogue entre Téhéran et Washington devrait être largement facilité en cas de victoire de Mir Hussein Moussavi. Mais là aussi, comme d’ailleurs en ce qui concerne le programme nucléaire- programme que personne ne conteste en Iran- la décision finale revient comme aujourd’hui au „Guide Suprême", l’Ayatollah Ali Khamenei. Or, - jusqu’ici-, il n’a jamais été un apôtre de la normalisation des rapports irano-américains.

Des femmes iraniennes attendent de pouvoir mettre leur bulletin dans l'urne à GhomImage : AP

Les bureaux de vote ferment tard dans la soirée, ce vendredi. Les résultats du scrutin seront publiés samedi. Le ministère de l’Intérieur à Téhéran estime que le taux de participation électorale sera le plus élevé des trente années de l’histoire de la République islamique.

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