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Elections ce dimanche au Nicaragua

Ph.Pognan4 novembre 2006

Quelques 3,6 millions d’électeurs de ce pays d’Amérique centrale sont appelés à se rendre aux urnes pour élire un nouveau président.

Daniel Ortega
Daniel OrtegaImage : AP

Près de trente ans après avoir renversé le dictateur Somoza, Daniel Ortega, 61 ans, tente de revenir à la présidence. Après seize années passées dans l’opposition, le chef du Front Sandiniste de Libération Nationale, -FSLN-, a troqué son treillis militaire et ses allures martiales contre une tenue civile décontractée et des paroles pacifistes. Alors que le pays reste aujourd’hui encore marqué par la révolution sandiniste de 1979 contre la dictature de Somoza et par la guerre civile qui s'ensuivit, l'ex - guérillero, au pouvoir de 1979 à 1990, est convaincu de l’emporter dès le premier tour du scrutin ce 5 novembre.

Un optimisme qui peut étonner alors que Daniel Ortega a perdu toutes les élections présidentielles depuis 16 ans, celles de 1990, 1996 et 2001. En fait, son passage au pouvoir n’a pas laissé que des bons souvenirs. Inflation monstre, grave pénurie alimentaire, censure, état d’urgence, collectivisation des terres, ou bien encore enrôlement forcé dans l’Armée Populaire sandiniste. Beaucoup ne l’ont pas oublié. Aussi, son épouse, Rosario Murillo, organisatrice de sa campagne électorale, a lancé une offensive de charme. Les paroles et slogans marxistes ont laissé la place aux paroles chrétiennes "d'amour, de paix et de réconciliation". Le candidat qui admet avoir commis des fautes dans le passé, fait aujourd’hui très souvent référence à Jésus dans ses discours à travers le pays. « Nous changerons le Nicaragua avec le pouvoir de l’amour, clame-t-il, parce que l’amour est invincible. » Et s’il parle aujourd’hui de révolution , c’est d’une « révolution spirituelle, une révolution de l’amour qui sortira le peuple de la misère, de la faim, du chômage ». Il ne dit pas comment, mais son discours est porteur d’espoirs pour de nombreux Nicaraguayens. Après Haiti, le Nicaragua est le pays le plus pauvre des Amériques. Un habitant sur deux doit survivre avec moins d’un dollar par jour ! Daniel Ortega fustige le néolibéralisme qu’il rend responsable du manque d’emplois, de la faiblesse du système de santé et des lacunes de l’éducation. Il faut dire que l’analphabétisme, qui avait quasiment disparu grâce à la révolution sandiniste, touche aujourd’hui 35% de la population. L'ex rival le plus dangereux de l’ex-commandante, l’ancien maire populaire de Managua et dissident sandiniste, Herty Lewites est mort en juillet dernier d’une attaque cardiaque. Depuis, Daniel Ortega est en tête de tous les sondages. Et la droite est divisée. Or, depuis une réforme électorale en 2000, il suffit, pour accéder à la présidence, qu’un candidat obtienne 35 % des voix au premier tour. Chiffre que tous les sondages accordent de justesse à Daniel Ortega ...

Son principal rival actuel est Eduardo Montealegre, un banquier millionaire diplômé d’Harvard et technocrate, favori des Etats-Unis. Cet allié du président sortant Enrique Bolanos, ex- Parti Libéral se présente en candidat de centre droit et devrait l’emporter sur le candidat libéral Jose Rizo dans la course à la deuxième place dimanche…Quant au dissident sandiniste de centre gauche Edmundo Jarquin qui remplace Lewites , il est loin derrière dans les intentions de vote.

Le scrutin sera suivi de près par la communauté internationale L'Union européenne, l'Organisation des Etats Américains et le Centre Carter ont déployé plusieurs centaines d'observateurs pour garantir une légitimité internationale au scrutin du 5 novembre…

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