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Elections en Thaïlande

Emmanuel Lagain24 décembre 2007

Les alliés de l’ancien Premier-ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra ont remporté le premier scrutin législatif depuis le putsch de 2006. Ce rendez-vous électoral était un véritable test démocratique pour le pays.

Wahlen in Thailand Samak Sundaravej gibt sich siegessicher Partei der Volksmacht PPP
Samak Sundaravej, le leader du PPP, grand vainqueur des électionsImage : AP

Les militaires thaïlandais ont du mal à avaler la pilule. Après avoir renversé Thaksin Shinawatra en septembre 2006 et l’avoir forcé à s’exiler en Grande-Bretagne, le parti de ce dernier apparaît comme le grand vainqueur de ce premier tour des élections législatives du pays. Avec 232 sièges, même s’il lui en manque neuf pour obtenir la majorité absolue, le parti du pouvoir du peuple augmente considérablement sa représentation à la Chambre basse du Parlement. Le Parti démocrate, principal adversaire du PPP, obtient 165 sièges et les cinq autres formations se partagent les 83 postes de députés restants. Le taux de participation avoisine les 70% mais certains journaux locaux font état de nombreux achats d’électeurs. Selon Rainer Heufers, membre de l’équipe internationale d’observation des élections, la Thaïlande a toujours connu ce genre de pratiques.

« Il n’y a pas de preuves ou de faits explicites mais nous devons prendre en conscience que les dons d’argent ou d’autres cadeaux aux électeurs sont une pratique courante. Les électeurs, particulièrement les plus pauvres, attendent en période d’élection le retour de l’argent qu’ils ont donné aux parlementaires. Les politiciens s’enrichissent donc les renez-vous électoraux sont le moment où l’argent revient à ses donateurs. C’est pourquoi chacun attend de l’argent. Mettre de côté ce phénomène serait remettre en cause toute la culture politique du pays. Il y a des citoyens qui s’engagent à surveiller ces pratiques et à informer la commission électorale pour anéantir systématiquement cette culture politique, mais nous en sommes encore très loin. »

Thaksin Shinawatra a fait savoir qu’il rentrerait au pays probablement le 14 février mais il exclu de reprendre les rênes du pays. Le chef du PPP, Samak Sundaravej a déclaré de son côté qu’il serait à coup sûr Premier ministre, mais l’ancien gouverneur de Bangkok est à la recherche de partenaires pour former la coalition la plus solide possible. Selon les dernières informations, le PPP aurait reçu un soutien suffisant des autres partis pour mettre sur pied le nouveau gouvernement. Ce matin, un éditorial du quotidien The Bangkok Post criait victoire en affirmant que les Thaïlandais voulaient à présent tourner la page après 15 mois d’administration militaire et reprendre la voie démocratique.

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