Elections historiques au Népal
10 avril 2008
Le scrutin d'aujourd'hui est le premier dans le pays depuis neuf ans. La participation était très forte à l'approche de la clôture des bureaux de vote, qui doivent fermer à 17 heures locales, 13h en Temps Universel.
Selon les Nations Unies, qui supervisent les élections, le scrutin se déroulerait dans le calme. Seuls quelques incidents étaient à deplorer ce matin sur la totalité des quelques 21.000 bureaux de vote ouverts.
Les népalais sont appelés i à élire une Assemblée Constituante qui devrait rédiger une nouvelle Loi Fondamentale et entériner l'abolition de la Monarchie hindoue en place depuis deux siècles et demis dans le pays.
Cette abolition a été decidée à huis-clos en décembre dernier par tous les partis politiques du pays dans le cadre d'un processus de paix historique, comme l'explique Ian Martin, le superviseur de la mission de l'ONU à Katamdou, la capitale népalaise.
“C'est un aboutissement extraordinaire pour le Népal. Ce n'est pas une élection ordinaire. C'est la fin d'un conflit armé qui dure depuis dix ans, c'est un moment capital pour le processus de paix. Ce n'est pas que pour élire un gouvernement ou un Parlement, c'est pour élire une Assemblée Constituante. C'est une promesse qui date de 1950 pour écrire une Nouvelle Constitution. C'est donc un moment historique pour le pays.”
Le pays est en effet en passe de sortir d'un conflit armé qui opposait depuis dix ans les autorités royales et la guerrilla maoiste. Les rebelles affirment qu'ils respecteront le verdict des urnes, mais un mauvais score pourrait inciter les plus radicaux à faire sécession et à descendre dans les rues.Par ailleurs, certains diplomates craignent que le Congrès Népalais, le plus ancien et le plus puissant parti du pays, n'accepte pas non plus des resultats défavorables et fasse appel à l'armée.
Hier, le Roi Gyanendra, pourtant menacé par ces élections, avait engagé ses compatriotes à participer massivement au scrutin. Ian Martin s'attendait à un vote plutôt calme:
“Je suis certain que tout se passera bien ici à Katmandou. La procédure a été très bien préparée. Il y a eu de violents accrochages entre les diffèrents partis dans certains endroits du pays et lors des derniers scrutins, il a fallu revoter dans certains disctircts. Il serait donc irréaliste de ne pas s'attendre à quelques problèmes.”
Ces violences se sont répètées ces derniers jours, et huit maoistes ont été tués par balles lors d'accrochages avec la police. L'ancienne guerrilla est accusée d'avoir intimidé les électeurs et d'avoir fait obstacle à la campagne de leurs adversaries dans leus anciens bastions. Le doute sur la liberté et la légitimité du scrutin plane donc malgré tout.
Les résultats de ces élections historiques ne sont pas attendus avant une dizaine de jours.