Elections législatives anticipées en Serbie
23 décembre 2003Publicité
Après le procès des assassins présumés du Premier ministre Zoran Djindjic qui s'est ouvert hier à Belgrade, les élections législatives anticipées de dimanche constituent la prochaine étape importante en Serbie. La coalition gouvernementale, qui avait renversé Slobodan Milosevic en octobre 2000, s'est en effet empêtrée dans des affaires de corruption et de divisions internes. Tout a commencé quand la République de Yougoslavie est devenue l'Etat de Serbie-Montenegro. Et que ni les relations entre les deux Républiques ni le statut de la province du Kosovo n'ont été réglementés. Et puis, en mars, l'assassinat du Premier ministre Zoran Djindjic, figure de proue du mouvement réformiste. Déjà auparavant, deux grands partis avaient quitté la coalition gouvernementale, le DSS -Parti démocratique de Serbie-, et le G-17. Ajoutons à cela les trois échecs successifs des présidentielles à cause du trop faible taux de participation. Cette fois, c'est sous la pression de l'opinion publique que les élections législatives ont été organisées. Le DS, le parti démocratique de l'ancien premier ministre s'est d'ores et déjà excusé auprès de ses concitoyens pour l'état de délabrement dans lequel se trouve la coalition. Malgré tout, le DSS et le G-17 continuent d'être sceptiques à l'idée d'une collaboration avec ce parti, comme l'explique Vojislav Kostunica, le dernier président de Yougoslavie : « C'est difficile de travailler avec des partis qui sont responsables de cette situation, c'est à dire de la situation d'avant 2000, mais aussi de celle qui s'est développée entre 2000 et 2003. C'est la raison pour laquelle nous avons aussi des problèmes lorsqu'il s'agit de travailler avec le DS, le Parti démocratique, parce que, entre 2000 et 2003, au lieu de participer à l'élargissement des institutions démocratiques, il les a détruites, et du coup, il est responsable de la corruption et de la criminalité qui règnent aujourd'hui. » Autre formation en lice : le SRS, Parti radical de l'ultra-nationaliste Vojislav Seselj qui recueillerait avec le Parti socialiste de l'ex président Milosevic plus de 30% des suffrages. Bien qu'enfermés dans la prison du Tribunal pénal international de La Haye, les deux hommes figurent en tête des listes des candidats que présentent leurs mouvements respectifs. Des candidatures qui préoccupent le Conseil de l'Europe qui a appelé les Serbes à prendre massivement part aux élections de dimanche. L'objectif : élire un Parlement qui aura les moyens de poursuivre des réformes garantissant l'ancrage des normes européennes dans tous les secteurs de la société.
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