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Centrafrique : l’opposition armée rallie l’accord de paix

Jean-Fernand Koena
26 novembre 2025

L’opposition armée centrafricaine rejoint peu à peu l’accord de paix de 2019. Les chefs rebelles François Bozizé et Nouredine Adam restent hors du processus.

République centrafricaine campagne électorale 2020
Le groupe armé Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) a signé un accord de paix avec les autorités centrafricaines au Tchad mercredi (19 novembre 2025), emboîtant le pas à deux autres mouvements rebelles cette annéeImage : Camille Laffont/APF/Getty Images

L'accord du 6 février 2019, appuyé par la Russie et négocié à Khartoum, au Soudan, était, pour le gouvernement centrafricain, un acte fort d'implication des rebelles dans la recherche de la paix. 

Néanmoins, ces rebelles se sont ensuite radicalisés en suivant François Bozizé qui a créé la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), au lendemain de l'invalidation de sa candidature à l'élection présidentielle, courant novembre 2020, par la Cour constitutionnelle.

Mais cinq ans plus tard, la CPC s'est disloquée en raison de divisions internes. L'UPC, les 3R et récemment le MPC de Mahamat Alkhatim ont donc choisi de retourner vers l'accord de paix, ceci grâce à l'implication du gouvernement tchadien et des mercenaires russes de l'ancien groupe Wagner. 

 Pour Jean Wilibiro Sacko, le ministre d'État en charge du désarmement, le gouvernement considère donc cette évolution comme un succès.

"Les indicateurs du processus global de paix en cours sont croissants, avec la relance des opérations de désarmement, démobilisation et réinsertion. Les éléments de l'UPC, des 3R, du MPC se sont réengagés, alors que ces groupes faisaient partie de la CPC qui avait décidé son retrait de l'accord de paix depuis quelques années", a declaré Sacko.

La situation sécuritaire en Centrafrique s'est nettement améliorée, mais l'instabilité perdure à l'Est à la frontière des deux SoudanImage : Leger Kokpakpa/REUTERS

"Nous ne voulons pas la guerre"

Plusieurs facteurs expliquent ces retours. Ces différents groupes rebelles ont enregistré des pertes humaines face aux opérations militaires conduites par les mercenaires russes, les paramilitaires rwandais et l'armée centrafricaine. 

Ils ont aussi perdu des soutiens dans la sous-région et désapprouvent le leadership de leur ancien allié, François Bozizé.

Mais cet apaisement va, encore une fois, dépendre du processus de réinsertion des anciens combattants rebelles. Certains seront formés et intégrés dans l'armée. D'autres devront être pris en charge. 

Bobo Sembé, le chef militaire des 3R, ne cache pas que c'est la condition pour que la paix soit durable.

"La plus grande charge revient au gouvernement : la prise en charge de ces éléments qui seront démobilisés, leur formation et leur intégration. Nous ne voulons pas la guerre, nous ne voulons pas répartir sur le terrain. Mais dans certaines circonstances, nous n'aurons pas le choix que de repartir", a menacé Sembé.

Cette déclaration montre combien la paix reste fragile, malgré le retour des groupes armés. Dans ce contexte, le chef rebelle Nouredine Adam, recherché par la Cour pénale internationale, ne s'avoue pas vaincu. 

Il recherche des alliés au Soudan et constitue un foyer de tension permanente dans la partie nord du pays. Quant à François Bozizé, en exil en Guinée Bissau, recherché par la Cour pénale spéciale, il n'a plus d'emprise sur le terrain.

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