Enfin la vérité dans l'affaire Chebeya ?
19 juin 2012En 2011, la justice avait déjà condamné cinq policiers pour leur participation à l'assassinat de Floribert Chebeya sans pour autant donner satisfaction aux plaignants. Ceux-ci soutiennent que les condamnés n'étaient que des exécutants. Rostin Manketa, directeur executif adjoint de l’ONG La Voix des Sans-Voix, explique cette position :
« Il y a un suspect principal : le général John Numbi qui jusqu'à aujourd'hui continue à courir la rue impunément. »
Avec ce nouveau procès qui s'ouvre, le général John Numbi qui était chef de la police à l'époque des faits, devrait comparaître devant la haute cour militaire en charge désormais du dossier, une cour habilitée à le juger. C’est du moins ce qu’espèrent les plaignants. Maître Marie-André Muila Kayembe est avocat et militant des droits de l'Homme au sein de l’ONG Toges noires. Il présente les parties qui vont comparaître durant le procès :
« Nous allons d'abord comparaître nous, en tant qu'avocats des parties civiles. Nous sommes certains au moins que les prévenus qui sont encore en détention vont comparaître, mais nous ferons un effort pour qu'on puisse relancer notre demande sur l'inculpation de certains prévenus qui n'ont pas encore été inquiétés, entre autre John Numbi. [...] Je suis certain qu'à la pré-audience il ne sera pas là, parce que nous sommes en appel. Ce n'est qu'à la première audience que l'on va demander à la Cour d'autres comparutions. »
Un test pour la justice congolaise
Mais le procès sera-t-il équitable ? Les proches de Floribert Chebeya le souhaitent et ils disent compter sur les autorités du pays pour que justice soit rendue. « John Numbi entretient des relations particulières et privilégiées avec le chef de l'État. C'est un test aussi pour que le pays prouve sa maturité en matière de justice », estime Marie-André Muila Kayembe.
Les défenseurs des droits de l'Homme espèrent que cette procédure donnera à ceux qui n'en ont pas eu l'occasion lors du premier procès, de dire leur part de vérité dans l'affaire Chebeya.