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En RDC, le coltan est une richesse destructrice

2 février 2026

À Rubaya, un glissement de terrain meurtrier relance des questions sur la gestion du secteur minier et sur le véritable coût du coltan.

République démocratique du Congo, Rubaya 2025 | Ouvriers dans une mine de coltan dans la carrière D4 Gakombe
Les conflits autour du droit d'exploiter les richesses en coltan de la République démocratique du Congo ont contribué à trois décennies de troubles dans l'est du paysImage : Moses Sawasawa/AP Photo/picture alliance

Le coltan, contraction de colombo-tantalite, est un minerai stratégique. Il permet de produire le tantale, indispensable à la fabrication des téléphones portables, ordinateurs, voitures électriques et équipements militaires. Chaque smartphone en contient une infime quantité.

Mais à Rubaya, cette richesse mondiale est synonyme de pauvreté locale et de mort silencieuse. On parle souvent de la première vie du coltan : celle de l'extraction.

Mais une fois sur le marché mondial, son origine, elle, disparaît. Les visages des mineurs, leurs conditions de travail, les morts sous terre, ne figurent sur aucune facture, déplore Emmanuel Umpula, directeur exécutif de  Afriwatch International, une ONG qui milite pour une exploitation juste et équitable des ressources naturelles en Afrique.

"Pour le cas par exemple de Rubaya, ce sont effectivement ceux qui ont le pouvoir politique et surtout sécuritaire dans ces zones là et qui contrôlent ces milieux d'exploitation minière. Et du coup, ils n'ont aucun intérêt d'améliorer les conditions parce qu'ils sont dans une logique de pillage, de se servir vite. Et donc la vie humaine ne compte pas du tout", déplore-t-il.

Les rebelles de l'AFC-M23 contrôlent cette mine, depuis avril 2024 et ils ont augmenté la cadence de production, afin d'accélérer le pillage du coltan qui est ensuite exporté vers le Rwanda.

Le site minier de Rubaya, qui produit environ 20 % à 30 % du coltan utilisé dans le monde.

Contrôle quasi inexistant de l'État 

La contrebande menace la traçabilité des minerais par le biais de l'Initiative internationale pour la chaîne d'approvisionnement en étain (ITSCI), qui vise à garantir un approvisionnement "plus responsable" en matières premières pour les industries, produites sans l'implication de groupes armés ni le recours au travail des enfantsImage : Moses Sawasawa/AP Photo/picture alliance

Certains mineurs creusent, d'autres lavent le minerai dans les rivières, d'autres encore assurent le transport. Des intermédiaires achètent le coltan à bas prix, souvent en liquide.

Dans la plupart des sites d'exploitation artisanale des minerais en RDC, le contrôle de l'État est quasi inexistant. Les autorités locales ferment les yeux, faute de moyens, ou par intérêt. 

Mais le drame de Rubaya n'est pas isolé. Guillaume de Brier de International Peace Information Service, IPIS, une ONG travaillant sur le conflit et les ressources naturelles, pense que des mesures urgentes sont nécessaires pour améliorer les conditions de travail des creuseurs artisanaux. 

"Il faut prendre des mesures d'accompagnement. Et donc, parmi ces mesures d'accompagnement, c'est justement la formalisation de la mine artisanale. Il ne faut pas favoriser la mine artisanale, mais il faut travailler avec elle. Ces mineurs artisanaux existent. Ils sont presque 400.000. Il faut les aider à entrer dans la chaîne d'approvisionnement légale pour que leurs minerais puissent aller sur le marché international légal et que les mesures de protection des travailleurs soient bien prises en compte", plaide De Brier.

Exportations frauduleuses

À Rubaya, le coltan fait tourner le monde. Mais pour ceux qui le creusent, il reste une richesse mortelle. Un minerai stratégique, extrait au prix du silence et des vies humaines.

Au moins 150 tonnes de coltan sont extraites chaque mois de la mine et exportées frauduleusement vers le Rwanda, selon le rapport des experts des Nations unies.

Une administration parallèle a été mise en place par le M23 pour contrôler l'exploitation illégale et la contrebande de coltan.

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