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PolitiqueEspagne

À Ceuta, les mineurs migrants dans l’impasse

Jan-Philipp Scholz | Eric Topona
20 août 2026

À Ceuta, malgré le renforcement de la sécurité du côte marocain et les arrestations, plusieurs milliers de mineurs migrants restent bloqués dans l’enclave espagnole.

Espagne – Ceuta 2026 | Un mineur migrant escorté par des soldats jusqu’à la frontière.
Un mineur non accompagné de 12 ans, entré en Espagne, est escorté par un soldat espagnol jusqu’à la frontière entre l’Espagne et le Maroc, depuis l’enclave espagnole de Ceuta.Image : Bernat Armangue/AP Photo/picture alliance

Ils ne sont pas retournés au Maroc, comme l'immense majorité des migrants qui étaient entrés temporairement à Ceuta. Beaucoup de ces jeunes font état de problèmes de santé et de mauvais traitements.

Le gouvernement espagnol reconnaît être débordé par l'urgence, sans pour autant disposer, pour l'heure, de solution concrète.

Des milliers de mineurs sans solution d'hébergement

Selon les estimations, entre 3 000 et 5 000 mineurs migrants se trouvent encore dans la zone industrielle d'El Tarajal, à Ceuta. Beaucoup vivent dans la rue depuis plus de deux semaines, faute de places disponibles dans les centres d'accueil, désormais saturés dans l'enclave espagnole.

Amina (prénom modifié par la rédaction) a 14 ans. Cette jeune Marocaine et son frère figuraient parmi les quelque 80 000 migrants ayant franchi illégalement la frontière espagnole, fin juillet.

Si la plupart ont depuis quitté la ville, environ 9 000 personnes y sont restées, selon les chiffres des autorités locales. Parmi elles, de nombreux enfants et adolescents comme Amina, qui se plaint notamment de l'absence de toilettes.

Tout près d'Amina, Malika a étendu quelques couvertures pour elle et ses quatre enfants. Cette Marocaine explique qu'elle gagne l'équivalent de sept euros par jour en travaillant comme femme de ménage au Maroc.

De jeunes migrants contournent à la nage une barrière frontalière avec le Maroc pour entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord. Ces derniers jours, au moins 40 000 migrants auraient pénétré dans l’enclave, qui compte quelque 80 000 habitants.Image : Jorge Guerrero/AFP

Des conditions de vie qui inquiètent

Mais aujourd'hui, Malika se retrouve, elle aussi, désemparée. Elle se dit très inquiète pour ses filles, âgées de douze et quatorze ans. Le nombre d'agressions sexuelles à Ceuta a fortement augmenté au cours de la semaine écoulée. La police enquête actuellement sur au moins 15 cas présumés de viol. Les autorités locales estiment que le nombre de cas non signalés est bien plus élevé.

Dans des entretiens accordés à la DW, plusieurs hauts responsables du gouvernement régional de Ceuta tirent la sonnette d'alarme. Nabila Benzina, conseillère régionale chargée de la santé et des affaires sociales à Ceuta, qualifie la situation de "pire moment de l'histoire de Ceuta" et réclame un soutien accru du gouvernement central de Madrid.

Madrid promet une répartition des mineurs

Celui-ci a annoncé son intention de répartir les mineurs sur l'ensemble du territoire, conformément à la loi. Toutefois, aucun calendrier précis n'a été établi pour l'instant, et les autorités gouvernementales ont déjà prévenu que ce processus de répartition prendrait du temps.

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