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Est de la RDC : l'échange de prisonniers toujours bloqué

29 avril 2026

L'échange des prisonniers prévu entre Kinshasa et l’AFC-M23 n'est toujours pas mis en oeuvre, malgré un accord conclu en Suisse.

Katar Doha 2025 | Accord de paix signé entre Kinshasa et M23
L’échange de prisonniers entre Kinshasa et l’AFC-M23 reste bloqué, ravivant les tensions dans l’Est de la RDC.Image : Mahmud Hams/AFP

Deux jours après l’expiration du délai de dix jours prévu pour l’échange de prisonniers, ni le gouvernement congolais ni les rebelles de l’AFC-M23 n’ont procédé à la libération des détenus de l’autre camp.

À l’issue du cycle de négociations dont les travaux ont pris fin le 17 avril dernier à Montreux, en Suisse, les deux parties s’étaient accordées jusqu’au 27 avril pour effectuer cet échange. Kinshasa devait libérer 311 membres de l’AFC-M23, tandis que la rébellion s’était engagée à relâcher 166 personnes affiliées au gouvernement. Pendant ce temps, sur le terrain, les affrontements se poursuivent. Les belligérants s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu et de ne pas respecter leurs engagements.

Kinshasa devait libérer 311 membres de l’AFC-M23, tandis que la rébellion s’était engagée à relâcher 166 personnes affiliées au gouvernement.Image : Jospin Mwisha/AFP

Des experts jugent Kinshasa peu pressée de résoudre la crise dans l’Est

Le professeur Jules Nyanza, enseignant en sciences politiques à l’université de Goma, estime que les autorités de Kinshasa ne se montrent pas pressées de trouver une solution à la crise qui sévit dans l’est du pays. Selon lui, la situation actuelle profiterait davantage aupouvoir en place :

"Avec l’idée de modifier la Constitution, déjà évoquée par certains caciques du pouvoir, qui affirment également qu’il n’y aura pas d’élections en 2028 tant que certaines entités resteront sous le contrôle des rebelles, Kinshasa pourrait être tentée de maintenir le statu quo à l’est. Cette situation est très avantageuse pour ceux qui sont au pouvoir, car elle favorise la prolongation de leur mandat. Malheureusement, plus la guerre se prolonge, plus la population souffre."

Depuis plus d’un an, l’AFC-M23, soutenu par le Rwanda, occupe les villes de Bukavu et de Goma, ainsi que plusieurs localités du Sud-Kivu et du Nord-Kivu.Image : Jospin Mwisha/AFP

Alerte sur le retard du processus et appel à une pression internationale

Un manque de volonté politique que souligne également le professeur Philippe-Doudou Kaganda, directeur scientifique du Centre d’études sur les conflits et la paix dans la région des Grands Lacs. Il appelle à une pression accrue sur les parties en conflit :

"Ce manque de volonté constitue effectivement un danger pour le processus, non pas forcément en le condamnant à l’échec, mais en risquant de le retarder davantage. Or, ce retard pèse lourdement sur les populations civiles. Malgré les hésitations des parties, les chances de réussite demeurent, à mon avis, relativement intactes. Il est toutefois nécessaire que les puissances internationales accentuent la pression sur les belligérants afin de stimuler leur engagement."

À l’issue du cycle de négociations dont les travaux ont pris fin le 17 avril dernier à Montreux, en Suisse, les deux parties s’étaient accordées jusqu’au 27 avril pour effectuer l'échange de prisonniers.Image : Moses Sawasawa/AP Photo/picture alliance

Depuis plus d’un an, les rebelles de l’AFC-M23, soutenus par le Rwanda, occupent les villes de Bukavu et de Goma, ainsi que plusieurs autres localités des provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu. Le nombre de personnes déplacées ne cesse d’augmenter en raison des combats récurrents entre les rebelles et les forces armées de la République démocratique du Congo. La situation humanitaire demeure préoccupante dans cette région.

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