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La crise à Uvira bloque le trafic à la frontière burundaise

11 décembre 2025

Depuis la probable chute d’Uvira aux mains des rebelles de l’AFC-M23, soutenus par le Rwanda, la frontière burundo-congolaise de Gatumba est entièrement fermée.

RWANDA-BUGARAMA-DRC-REFUGEES
A Uvira, cité de l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), ceux qui n'ont pas pu fuir attendent désormais avec angoisse de connaitre leur sort entre les mains du groupe armé M23 soutenu par l'armée rwandaise, qui consolide ce jeudi (11.12.2025) son contrôle sur la ville.Image : picture alliance / Xinhua News Agency

C’est un point de passage qui faisait vivre des milliers de commerçants transfrontaliers, aujourd’hui contraints de suspendre leurs activités. Une situation qui affecte et paralyse les échanges commerciaux entre les deux pays.

Un jour après que la ville d’Uvira est passée, en grande partie, sous le contrôle des rebelles de l’AFC-M23, à Bujumbura, située à une trentaine de kilomètres, la vie suit malgré les inquiétudes son cours.

Des personnes déplacées de la République démocratique du Congo (RDC) dans la ville de Bugarama, au Rwanda voisin, le 5 décembre 2025. Ces derniers jours, les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont étendu leurs opérations dans plusieurs zones de la province du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC, alors même que la RDC et le Rwanda ont signé à Washington un accord de paix salué comme une avancée majeure vers une désescalade dans la région.Image : picture alliance / Xinhua News Agency

Crainte de violences

Pour des milliers de commerçants transfrontaliers entre le Burundi et la RDC, tout s’est arrêté. Claudette, qui se rendait presque quotidiennement à Gatumba, ne quitte plus sa maison.

« Je suis à la maison, je m’occupe des tâches ménagères. La dernière fois que j’y suis allée, c’était lundi. Hier, la situation a dégénéré. Aujourd’hui, c’est impossible. Tu comprends que c’est dur : je me retrouve au chômage », déplore-t-elle.

Le petit commerce entre Bujumbura et Uvira faisait vivre des milliers de personnes, dont 80 % de femmes.

« On est là, simplement. Que ce soient les commerçants burundais ou congolais, on n’a plus rien à faire. Rien ne marche. Nous pensons à un plan B en essayant de recourir aux moyens locaux, pour le moment. Mais ce n’est pas facile ! », explique Clarisse, représentante des commerçantes transfrontalières.

La route nationale numéro 4, ou chaussée d’Uvira, est barricadée à cinq kilomètres de la frontière, rendant tout passage impossible.

Une femme transporte un sac de farine sur la tête en traversant une route à Uvira, le 9 décembre 2025. Des combats intenses se déroulent mardi dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), alors que le groupe M23, soutenu par l’armée rwandaise, poursuit sa progression rapide vers Uvira, une ville congolaise stratégique située près de la frontière avec le Burundi voisin.Image : AFP

Des commerces fermés

Fiacre Nimbona a été obligé de fermer son point de vente de boissons sucrées, en attendant la normalisation de la situation et la reprise du commerce entre les deux voisins.

« La frontière est fermée. Rien ne marche et nous, qui travaillons là, nous nous retrouvons sans emploi. Nos familles sont touchées. Nous demandons à la RDC d’agir pour la réouverture des frontières, afin que les échanges reprennent et que nous retrouvions notre travail. »

La situation a également provoqué un afflux de réfugiés congolais vers l’ouest de Bujumbura depuis le début de la semaine.

Débordé par « des milliers de réfugiés », sans précision sur les chiffres, l’Office national de protection des réfugiés et apatrides déplore des conditions d’accueil extrêmement limitées.

Il fait état d’un manque de moyens, d’une prise en charge difficile en l’absence de partenaires humanitaires, et de conditions d’hygiène précaires, faute de tentes et de toilettes.

Antéditeste Niragira Correspondant multimédia à Bujumbura au Burundi pour le programme francophone de la Deutsche Welle
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