La Cédéao baisse des taxes sur le transport aérien
14 janvier 2026
Kodjo avait déjà sorti sa calculatrice. Il pensait tenir la bonne nouvelle : des billets d’avion enfin moins chers en Afrique de l’Ouest.
"Je viens de me rendre compte que ce n'est pas encore effectif. Je suis quand même surpris après l'annonce en grande pompe. J'espère vraiment que ce n'est pas juste une annonce."
La Cédéao a pourtant frappé fort sur le papier. Lors du sommet de décembre 2025 à Abuja, la Cédéao a annoncé qu’à partir de janvier 2026, les taxes sur le transport aérien doivent disparaître et les redevances baisser de 25 %. Objectif affiché : rendre les billets moins chers et faciliter le tourisme, le commerce et la circulation dans la région.
Mais aucune révision des prix n’a été constatée dans les agences. Raimi est un professionnel de l’aérien et propriétaire d’une agence de voyage.
Il "doute de la mise en œuvre effective à cette échéance-là à partir de janvier 2026 donc. Et pour cause, depuis l'annonce, je scrute presque tous les jours les tarifs à la recherche de cette baisse annoncée. Nous ne voyons aucune baisse au niveau des taxes et les tarifs aériens demeurent dans leur moyenne de décembre qui est reconduite en janvier et en février et mois suivants. Donc, ceci m'amène moi à prendre avec réserve cette annonce de la Cédéao".
Dans l’attente de décrets d’application
Entre l’annonce et la réalité, il y a un pas à franchir. Tant que chaque Etat n’a pas publié ses décrets, rien ne change pour les compagnies. Résultat, pas d’instructions donc pas de nouveaux tarifs. Et pour les voyageurs, en ce début d’année 2026, les prix restent les mêmes. Raïmi n’est pas surpris. Et prend l’exemple de la déclaration de Yamoussoukro pour libéraliser le ciel africain.
"38 ans plus tard, donc, cette vision-là n'est pas totalement mise en œuvre", déplore Raïmi.
"Eh bien, entre les annonces et les mises en œuvre effectives, il y a toujours du temps. Donc, on va relativiser. C'est une bonne annonce, c'est une bonne vision, un bon élan, mais de l'annonce à la réalité, je crois qu'on va devoir patienter encore un peu."
Oui, la décision est prise. Oui, la volonté politique est affichée. Mais pour des milliers de passagers ouest-africains, la question reste la même : le billet sera-t-il vraiment moins cher ? En attendant le ciel reste ouvert, mais les prix, eux, n’ont pas encore atterri.