Au Mali, c’est le choc et l’incompréhension depuis l’assassinat brutal de Mariam Cissé vendredi 07.11.2025. La jeune tiktokeuse malienne, suivie par près de 95 000 abonnés, avait été enlevée la veille lors d’une foire hebdomadaire par des hommes armés non identifiés, alors qu’elle tournait une vidéo en direct. Selon des témoins, ses ravisseurs l’auraient soupçonnée de filmer pour transmettre des images à l’armée. Elle a ensuite été exécutée sous les yeux impuissants des habitants.
Cet acte met une fois de plus en lumière la violence qui gangrène le Sahel depuis l’essor du terrorisme.
Une influenceuse engagée
Mariam Cissé, âgée d’une vingtaine d’années, était connue pour ses vidéos de soutien à l’armée malienne, allant jusqu’à porter les tenues des FAMAs. Plusieurs sources proches de sa famille affirment qu’elle avait reçu des menaces avant son enlèvement. Pour le sociologue Mohamed Amara, cette exécution rappelle les violences de 2012-2013, lorsque des groupes terroristes contrôlaient certaines villes du nord du Mali.
Un climat de terreur persistant
Le cas de Mariam n’est pas isolé. Ceux qui affichent leur soutien aux armées nationales dans le Sahel sont régulièrement ciblés. En août dernier, Sidi Barka, président de la société civile de Ménaka, a été exécuté après son enlèvement. Le JNIM, affilié à Al-Qaïda, est également accusé d’avoir enlevé le khalife général des Tidjanes, décédé en captivité.
Les civils sont pris entre deux feux : les groupes jihadistes et les armées nationales de l’AES, soutenues par la Russie. Des compagnies comme Diarra Transports ont été accusées de collusion avec les militaires, entraînant des représailles.
Des massacres à répétition dans la région
Au Niger, des frappes aériennes fin septembre ont tué des dizaines de civils à Injar. En mars 2025, 44 fidèles ont été massacrés dans une mosquée à Fambita, et en juin, une attaque à Manda a fait plus de 70 morts. Au Burkina Faso, des milices pro-gouvernementales et l’armée ont exécuté plus de 130 civils peuls en mars, suivis de représailles jihadistes. Les massacres se poursuivent : Moura en 2022, Djibo et Gorom Gorom en août 2025, et bien d’autres.
Un exode massif et des traumatismes durables
Ces violences ont provoqué le déplacement de près de 4 millions de personnes au Mali, Burkina Faso et Niger, selon l’Onu. Parmi elles, des milliers d’enfants privés d’école. L’Unicef alerte sur les conséquences psychologiques. Mais des initiatives locales, comme au Burkina, proposent des séances de soutien psychologique.
