Expulsés vers le Cameroun, ils portent plainte
7 août 2026
Les trente-six migrants africains expulsés des États-Unis vers le Cameroun en 2026 ont engagé, fin juillet, une procédure judiciaire à Yaoundé. Les plaignants, originaires de la RDC, du Ghana, de l’Angola, de l’Éthiopie, de la Sierra Leone, du Kenya, du Sénégal, du Zimbabwe et du Maroc, bénéficiaient auparavant de protections judiciaires aux États-Unis contre une expulsion vers leur pays respectif.
À travers leur requête, ils espèrent ainsi obtenir la protection juridique du Cameroun et la suspension de l'accord migratoire avec Washington. D’après leur avocat, Maître Joseph Fru Awah, la requête vise également à empêcher leur éventuel renvoi vers leur pays d’origine.
Écoutez ou lisez l'interview de la DW avec Maître Joseph Fru Awah
Joseph Fru Awah : Comme toute action que nous menons au tribunal, nous espérons que le tribunal va nous donner ce que nous avons demandé. Nous demandons au tribunal de suspendre l'échange de notes qui existe entre le Cameroun et les Etats-Unis. Et nous demandons aussi pour le Cameroun de clarifier le statut juridique de ces personnes. Et en troisième lieu, nous voulons que le tribunal empêche le Cameroun de refouler ces personnes.
DW : Pensez-vous franchement que vous aurez gain de cause quand on sait que l'accord migratoire conclu avec les Etats-Unis procurerait beaucoup d'intérêts, notamment financiers, au Cameroun ?
Joseph Fru Awah : Je ne sais pas si ces questions d'argent. Je ne suis pas habilité pour parler des accords entre deux pays souverains. Je suis un avocat, je suis concerné de la légalité des accords. C'est le droit du Cameroun et des Etats-Unis d'entrer dans n'importe quel accord. Mais cet accord doit être légal. Cet accord doit suivre des procédures qui sont acceptées par la loi nationale et la loi internationale, et c'est ce que nous exigeons.
Ma question, comme avocat, c'est de savoir si cet accord est légal. Et comme nous nous disons ici que cet accord n'est pas légal suivant la loi internationale et la loi nationale, nous disons alors au tribunal, en tant qu'arbitre, de suspendre cet accord, de demander au Cameroun de clarifier le statut juridique de ces requérants et en plus d'empêcher le Cameroun de refouler ces gens.
DW : Dites-nous Maître Joseph Fru Awah, quelles sont les conditions de vie de ces migrants expulsés des États-Unis et qui réside au Cameroun ?
Joseph Fru Awah : Ce sont les gens traumatisés au niveau psychologique. Je vais vous donner un exemple, voilà six mois que les gens sont là et il y en a parmi eux qui pendant ces six mois ont été hospitalisé cinq fois en six mois c'est trop. Donc je dirais que la situation est pitoyable, la situation est déplorable. C'est justement pour cela d'ailleurs même qu'on a entamé la requête introductive d'instance.