RDC : Félix Tshisekedi pose les bases du dialogue national
28 août 2026
Dans une adresse à la nation le 27 août, le président de la République Démocratique du Congo Félix Tshisekedi a officiellement lancé un " Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'État".
Le processus doit se dérouler en deux étapes : d'abord des consultations dans les 26 provinces du pays, suivies d'assises nationales à Kinshasa, le tout sur une durée maximale de trois mois.
Les annonces de Félix Tshisekedi
Le président a fixé plusieurs lignes rouges. Il ne prévoit aucune négociation avec le M23 ou d'autres groupes armés.
"Nul ne sera exclu en raison de ses opinions, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion, a ainsi déclaré le président de la République congolaise. Mais nul ne peut prétendre s'asseoir à la table de la nation tout en prenant les armes contre elle. Ne pourront donc pas participer à ce dialogue en qualité de composante politique."
Et de préciser que "ne pourront donc pas participer à ce Dialogue en qualité de composantes politiques ceux qui, à l’ouverture du processus, combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent par la force une partie du territoire national, administrent illégalement des entités de la République ou agissent au service d’une puissance étrangère, en l’occurrence le Rwanda . Cette règle ne constitue pas une exclusion fondée sur les personnes, les opinions ou les appartenances. Elle exprime la réprobation de la nation à l'égard de ceux qui mènent la guerre contre la République, ses institutions et ses citoyens, tout en revendiquant les droits attachés à la vie démocratique."
Par ailleurs, Félix Tshisekedi annonce qu'il ne tolèrera aucune remise en cause des résultats de la présidentielle de 2023, qu'il n'y aura pas de transition ni de partage du pouvoir et que les institutions en place se maintiendront jusqu'aux échéances constitutionnelles.
Selon lui, ce dialogue doit s'attaquer aux causes profondes des crises congolaises telles que l'insécurité, les tensions communautaires, la gouvernance, le développement et la cohésion nationale.
Les réactions en RDC
Le camp présidentiel a réagi avec enthousiasme aux annonces du président. Des responsables de la majorité, comme le député Olivier Katuala, saluent une initiative destinée à renforcer l'unité nationale tout en excluant toute négociation avec les « agresseurs » et leurs alliés. Quant à Vital Kamerhe, figure de la majorité présidentielle et président du parti UNC, il souligne la "rupture méthodologique" que constitue le dialogue proposé par le chef de l'Etat.
Dans l'opposition, le ton est à la prudence. La coalition d'opposition C64 réclamait depuis plusieurs semaines un dialogue, mais plusieurs de ses dirigeants restent méfiants, notamment en raison du débat sur la loi référendaire et des soupçons de révision constitutionnelle.
Le principal point de friction concerne les participants. Avant le discours présidentiel, Martin Fayulu avait plaidé pour la participation de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa, estimant qu'un dialogue crédible doit inclure toutes les parties prenantes à la crise.
Les acteurs de la société civile espère quant à eux un cadre de réconciliation nationale pour sortir enfin du cycles de violences et de crises qui pèsent sur le quotidien des Congolais.es.