Mary Wambui aurait eu 13 ans aujourd’hui. Trois ans plus tôt, la petite fille a disparu alors qu’elle jouait près de sa maison à Nairobi. Sa mère, Lenah Kanywa, l’a retrouvée morte dans la maison du fils de leur propriétaire, désormais jugé pour agression sexuelle et meurtre.
Le drame de Mary illustre une crise plus large au Kenya, où les féminicides se multiplient. Début 2024, Africa Data Hub et Africa Uncensored ont révélé un nombre record de femmes tuées, entraînant d’importantes manifestations dans la capitale. En réaction, le gouvernement a créé un groupe de travail dédié. Selon sa responsable, Nancy Baraza, une quarantaine de femmes sont victimes de féminicide chaque mois.
Des militantes sur le terrain
Sur le terrain, des ONG comme Usikimye, fondée par Njeri Migwi, dénoncent le manque d’accompagnement des victimes et réclament une prise en charge psychosociale dans les commissariats. L’organisation mène également une exposition itinérante à travers le pays pour sensibiliser à la violence basée sur le genre.
Pour Lenah Kanywa, partager son histoire au sein de ces espaces l’a aidée à sortir du silence. Après trois ans d’enquête, la mort de Mary est devant la justice. Malgré la douleur, sa mère espère que justice sera rendue.
