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Focus RDC : le débat sur la Constitution porté dans la rue

Wendy Bashi | Jean-Noël Ba-Mweze | Pascal Mapenzi
15 juin 2026

Manifestations réprimées, bilans contestés et tension politique autour de la Constitution : à Kinshasa, l’opposition promet d’autres actions, tandis qu’à Beni, les habitants réclament la sécurité.

République démocratique du Congo, Kinshasa | Manifestations contre les amendements constitutionnels | Utilisation de canons à eau (photo d'illustration)
Plusieurs opposants congolais ont été blessés vendredi (12.06) à Kinshasa lors d'un rassemblement contre un projet de changement de la Constitution (photo d'illustration)Image : Bashi Wendy/DW

Le vendredi 12 juin a été particulièrement mouvementéeen République démocratique du Congo. Le rassemblement prévu par l’opposition a été réprimé par les forces de l’ordre, ravivant les tensions politiques autour d’un sujet hautement sensible : le changement de la Constitution.

Les principaux partis de l'opposition congolaise, divisée et affaiblie, se sont rassemblés en mai au sein de la coalition C64 pour s'opposer à ce qu'ils considèrent comme une tentative de Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir (photo d'illustration).Image : Bashi Wendy/DW

L’opposition évoque un bilan de deux morts et plusieurs blessés, une version contestée par les autorités, qui parlent plutôt de blessés parmi les manifestants et les forces de l’ordre. Malgré ces divergences, un constat s’impose : le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle cristallise les divisions.

À Beni, la priorité reste la sécurité

À plus de 2 000 kilomètres de Kinshasa, dans la ville de Beni, dans l’Est du pays, ces enjeux politiques semblent loin des préoccupations quotidiennes des habitants.

L'Est de la RDC est en proie à des violences depuis plus de 30 ans, et une multitude de milices et de groupes armés sont présents dans la région (photo d'illustration).Image : Shi Yu/Xinhua/picture alliance

Dans cette région marquée par des années de violences, notamment attribuées aux rebelles ougandais des ADF, la population exprime d’autres priorités. Pour beaucoup, le retour de la sécurité et la protection des civils priment sur les débats institutionnels.

Sur place, notre correspondant Pascal Muhindo est allé à la rencontre des habitants, qui témoignent d’un sentiment de décalage entre les discussions politiques nationales et leur réalité quotidienne.

Kinshasa : tensions politiques et mobilisation annoncée

À Kinshasa, en revanche, la question constitutionnelle est au cœur de l’actualité politique. La manifestation organisée vendredi par l’opposition visait précisément à protester contre un éventuel changement de la Constitution.

Selon l’opposition, le bilan provisoire fait état d’au moins deux morts et de plus d’une soixantaine de blessés parmi les manifestants. Le gouvernement, de son côté, évoque également des blessés, sans confirmer ces chiffres.

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Malgré la répression, l’opposition ne compte pas s’arrêter là et envisage d’organiser d’autres manifestations dans les prochains jours. En face, le pouvoir semble déterminé à poursuivre le processus de réforme, un texte étant déjà officieusement en examen.

Un débat durable et à hauts risques

Comme attendu, cette question s’inscrit désormais durablement dans l’actualité congolaise. Au-delà des affrontements politiques, elle soulève des interrogations de fond : s’agit-il d’un simple ajustement du cadre légal ou d’un basculement institutionnel majeur ?

Au pouvoir depuis 2019, le président Félix Tshisekedi arrivera au terme de son second mandat de cinq ans en 2028 (photo d'illustration).Image : Bashi Wendy/DW

Faut-il parler de renforcement des institutions ou de concentration du pouvoir ? D’un processus démocratique ou d’un rapport de force ?

Autant de questions au cœur des analyses politiques actuelles, notamment celles de Trésor Kibangula, responsable du pôle politique à l’Institut de recherche Ebuteli, pour qui les enjeux dépassent largement le cadre juridique.

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