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Focus RDC : retour d’Ebola, l’OMS lance une alerte mondiale

18 mai 2026

L’OMS lance une alerte sanitaire internationale après le retour d’Ebola en RDC, lié à la souche Bundibugyo, un variant pour lequel aucun vaccin ni traitement spécifique n’est disponible à ce stade.

République démocratique du Congo, Beni, 2018 | Désinfection d'un cercueil dans un centre de traitement Ebola (photo d'illustration)
L'OMS a été alertée de l'apparition d'une maladie à forte mortalité le 5 mai, après le décès de quatre soignant (photo d'illustration)Image : John Wessels/AFP

Selon les derniers chiffres communiqués le 17 mai par le ministre de la Santé, Samuel-Roger Kamba, 91 décès seraient liés à cette épidémie. En parallèle, près de 350 cas suspects ont été recensés. Les personnes touchées sont majoritairement âgées de 20 à 39 ans, avec plus de 60 % de femmes parmi les cas signalés.

Les personnes infectées par la souche Bundibugyo présentent au départ des symptômes assimilables à une grippe ou un paludisme (photo d'illustration)Image : picture alliance/dpa/Médecins Sans Frontières

L’Ituri, épicentre de la crise

Pour comprendre l’évolution de la situation, il faut se tourner vers la province de l’Ituri, dans le nord-est du pays. Cette région frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud constitue aujourd’hui l’épicentre de l’épidémie.

Sur place, les attentes sont fortes à l’égard de la riposte sanitaire, notamment après le passage du ministre de la Santé à Bunia. Roger Kamba y a effectué, dimanche, une mission de quelques heures afin d’évaluer la situation et de renforcer les mesures en cours.

Si son message a été entendu par une partie de la population, d’autres habitants jugent les efforts encore insuffisants face à l’ampleur de la crise.

Goma sous tension après un premier cas

À plusieurs centaines de kilomètres de là, à Goma, dans le Nord-Kivu, la crainte d’une propagation gagne du terrain. La confirmation d’un premier cas positif a ravivé les inquiétudes dans cette grande ville déjà fragilisée.

Peu d'échantillons ont pu être testés en laboratoire à ce jour et les bilans s'appuient principalement sur des cas de suspicion (photo d'illustration)Image : Eva Krafczyk/dpa/picture alliance

La situation est d’autant plus préoccupante que Goma est en partie contrôlée par les rebelles de l’AFC/M23. Aucun spécialiste d’Ebolan’y est actuellement déployé, les équipes étant concentrées dans les zones sous contrôle gouvernemental comme Bunia.

Entre un manque d’information sur les mesures de prévention, une fermeture partielle de la frontière avec le Rwanda, et une forte dépendance économique vis-à-vis de Gisenyi, la population redoute une aggravation de la crise sanitaire et humanitaire.

Une souche rare et difficile à contenir

De retour en Ituri, les autorités sanitaires font face à un défi majeur. La souche Bundibugyo, relativement rare, a déjà causé deux épidémies dans le monde : en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012. Son taux de létalité est estimé entre 30 et 50 %.

Le virus s'est déjà propagé au-delà des frontières de l'Ituri et de la RDC (photo d'illustration)Image : Kay Nietfeld/dpa/picture alliance

Faute de vaccin ou de traitement spécifique, la riposte repose essentiellement sur :

  • le respect des mesures barrières 
  • la détection précoce des cas 
  • et la limitation des contacts

Humanitaires et personnel soignant en première ligne

Face à l’urgence, les organisations humanitaires se mobilisent. Médecins Sans Frontières (MSF) déploie des équipes sur le terrain pour renforcer la surveillance, isoler les patients et freiner la propagation du virus.

Son directeur adjoint aux opérations, Alan Gonzalez, souligne l’importance d’une réponse rapide et coordonnée pour éviter une expansion incontrôlée de l’épidémie, notamment dans un contexte marqué par l’insécurité et les déplacements de population.

Des pistes de vaccins encore à l’étude

Autre difficulté majeure : les vaccins existants ne sont efficaces que contre la souche Zaïre, responsable des épidémies les plus meurtrières, mais inefficaces contre Bundibugyo.

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Des pistes existent néanmoins. Sur son compte X, le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, le Dr Jean Kaseya, indique que trois candidats vaccins, ainsi que des traitements et des anticorps monoclonaux, sont actuellement à l’étude et classés par ordre de priorité.

Dans l’attente de solutions médicales adaptées, la lutte contre Ebola en Ituri repose donc plus que jamais sur la prévention, la réactivité des équipes sur le terrain et l’adhésion des populations.

 

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