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Mali : les blocus djihadistes, une stratégie d’asphyxie

10 février 2026

Dans le Focus Sahel Plus ce soir, un retour sur les localités encerclées par le Jnim, groupe affilié à Al-Qaïda. Les blocus coupent le ravitaillement et affaiblissent l’État, tout en faisant souffrir la population.

Une famille de déplacés maliens dans sa tente à la frontière avec la Mauritanie (photo 18 décembre 2025)
Les activités du Jnim poussent de nombreux civils à fuirImage : DW

Les terroristes du Jnim opèrent des blocus de routes et, actuellement, d'une quinzaine de localités au Mali, une stratégie d’encerclement pour contester le pouvoir. 

Il s'agit de bloquer les relations avec l'extérieur d'un territoire bien déterminé que les groupes armés décident d'isoler.

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L’Ocha a recensé en 2024 des localités comme Farabougou, Nampala, Saye, Mourdiah, Tessalit ou Léré. Farabougou est sous restriction depuis 2021.
Pour Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute - African Center for Peace Studies, situé à Dakar"Kayes, Nioro, Léré (…) Diafarabé" et des villages de Niono ont également été touchés.

Regardez ci-dessous la carte interactive

(Les noms des localités maliennes sous blocus apparaissent lorsque la souris se place sur les points)

Pourquoi ces blocus ?

Le Jnim cherche à asphyxier économiquement le Mali et à déstabiliser les militaires au pouvoir. Les djihadistes ciblent des zones stratégiques comme Kayes, région produisant 80 % de l’or malien.

Le sociologue Mohamed Amara ajoute que la stratégie vise aussi à "provoquer un mécontentement populaire" contre le gouvernement.

Routes dangereuses et attaques meurtrières

Les routes sont devenues extrêmement risquées. Des camions-citernes sont incendiés, des chauffeurs tués. Une attaque récente dans la région de Kayes a détruit des dizaines de véhicules et fait au moins 15 morts.

Un chauffeur rescapé raconte : "Nous avons décidé de transporter le carburant au prix du sang et de nos vies. (…) Nous comptons beaucoup de personnes disparues dans nos rangs."

En novembre, 27 chauffeurs avaient déjà été tués.

Pénuries massives et économie fragilisée

Les villes encerclées font face à des pénuries alimentaires et de carburant, avec des prix en forte hausse. L’éditorialiste Alexis Kalambry souligne un ralentissement général du commerce, plusieurs routes restant impraticables.

La crise a même conduit le gouvernement à suspendre les cours dans les écoles et universités, faute de carburant.

Les blocus créent des pénuries jusque dans BamakoImage : Idriss Sangare/REUTERS

La réponse de l’État : escortes et soutien régional

Pour briser les blocus, les autorités ont renforcé les escortes militaires et mené des opérations aériennes. Le Niger a pu livrer 82 camions-citernes, améliorant brièvement l’approvisionnement.
Mais, comme le rappelle Bakary Sambe, les attaques continuent et l’enjeu majeur est désormais d’assurer l’accès au carburant et aux vivres, à l’approche du ramadan.

Un Jnim toujours plus influent

Dirigé par Iyad Ag Ghaly, le JNIM est considéré par l’ONU comme "la menace la plus importante dans le Sahel", renforçant son influence grâce à ces blocus.

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