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Nouvelles frappes américaines contre le narcotrafic en mer

Avec agences | Marco Wolter
16 décembre 2025

Les Etats-Unis affirment bombarder des navires en mer au nom de la lutte contre le trafic de drogue. La légalité de cette campagne reste très controversé

Un bateau dans le viseur de l'armée américaine, vue du ciel, en noir et blnac
Les Etats-Unis ont annoncé mardi la désignation en tant qu'"organisation terroriste étrangère" d'un cartel de la drogue en Colombie, le Clan del Golfo.Image : US Secretary of Defense Pete Hegseth's X Account/AFP

Pendant toute sa campagne électorale victorieuse, Donald Trump se présentait comme le candidat de la paix. Et il n'est de secret pour personne, que le président américain a fait du prix Nobel de la paix un de ses grands objectifs personnels.

Pourtant, début septembre, le milliardaire signait un décret pour rebaptiser le ministère de la Défense en "Department of war", le ministère de la Guerre.

"Je pense que c'est un nom beaucoup plus approprié, surtout au vu de la situation actuelle dans le monde. Nous avons l'armée la plus puissante au monde", se justifiait alors le président américain.

Les Etats-Unis se disent en "conflit armé" contre les cartels de drogue et ont depuis le mois d'août considérablement renforcé leur présence militaire en mer des Caraïbes au nom de cette lutte. Ils ont notamment déployé le plus grand porte-avions du monde, l'USS Gerald Ford.

Washington ne fournit aucune preuve tangible

Donald Trump accuse également son homologue vénézuélien Nicolas Maduro d'être une tête de réseau, ce que ce dernier dément catégoriquement, affirmant que Washington cherche à le renverser pour s'emparer du pétrole de son pays.

Depuis début septembre, l'armée américaine a mené des frappes contre au moins 26 navires dans les Caraïbes ou l'est du Pacifique.

Au moins 95 personnes ont été tuées, sans que le Pentagone ne fournisse de preuve de leur implication dans le trafic de drogues, poussant les Nations unies, des experts et des ONG à contester ces opérations.

L'ONG Human Rights Watch a exhorté début décembre les partenaires des États-Unis à condamner les frappes "illégales".Image : US Secretary of Defense Pete Hegseth's X Account/AFP

"Selon le droit international, le recours intentionnel à une force létale n'est permis qu'en dernier ressort contre un individu représentant une menace imminente pour la vie", avait souligné en octobre le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme.

Deux survivants d'un bateau en flammes tués lors d'une seconde frappe

Le sujet a soulevé de très vifs débats à Washington, notamment une opération datant de début septembre au cours de laquelle l'armée a tiré deux salves, la seconde achevant les deux survivants d'un bateau déjà en flamme.

Pete Hegesth, le ministre de la Défense, est dans la tourmente pour sa gestion de cette affaire.

Les Etats-Unis semblent toutefois décidés à poursuivre ces bombardements. L'armée américaine a ainsi annoncé avoir frappé lundi (15.12) trois nouveaux navires de narcotrafiquants présumés dans le Pacifique, tuant huit personnes.

Pete Hegseth a été présentateur chez Fox News avant de devenir ministre sous Donald Trump.Image : Julia Demaree Nikhinson/AP Photo/picture alliance

"Des renseignements ont confirmé que ces navires transitaient le long de routes connues du narcotrafic dans l'est du Pacifique et étaient impliqués dans le narcotrafic", a déclaré le commandement Sud des États-Unis sur X, avec une vidéo de frappes de bateaux en mer.

Huit hommes ont été tués dans ces opérations, a ajouté l'armée, soulignant avoir opéré "sous la direction" de Pete Hegseth.

Les démocrates veulent des réponses   

Le Sénat doit se réunir en session plénière ce mardi (16.12) avec Pete Hegseth et le secrétaire d'Etat Marco Rubio, a indiqué le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer qui souhaite un débat "sur les actions irresponsables et illégales de l'administration dans les Caraïbes". 

Le gouvernement américain "semble craindre de fournir ne serait-ce que les réponses les plus élémentaires", a-t-il ajouté dans un post sur X. "Le peuple américain mérite un contrôle. Nous avons l'intention de le lui fournir". 

Caracas estime que la campagne anti-drogues est d'une opération visant à évincer le président Nicolas Maduro du pouvoir et s'emparer des immenses réserves de pétrole du pays. Image : Dave Decker/ZUMA Press Wire/dpa/picture alliance

Selon CNN qui cite deux sources anonymes, Pete Hegseth et Marco Rubio doivent aussi répondre aux questions de la Chambre des représentants dans une réunion à huis-clos mardi.

L'administration américaine, rappelle la chaîne, affirme disposer d'informations classifiées du ministère de la Justice pour justifier ces frappes sans intervention de la justice. 

La semaine dernière, l'amiral Alvin Holsey, chargé de superviser cette campagne, a quitté ses fonctions. Il avait fait savoir en octobre qu'il quitterait le commandement des forces américaines pour l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale mi-décembre, le tout sans explication après plus de 37 ans dans l'armée. La presse américaine rapporte que le haut gradé était en conflit avec son ministre de la Défense.