En RDC, le FRN de Joseph Kabila tente de reprendre Uvira
28 octobre 2026
Les combats se sont poursuivis, ce mercredi (28.10), dans la matinée, à la limite entre les territoires de Walungu, d'Uvira et de Fizi, dans l'est de la RDC.
Ces combats opposent l'armée congolaise, soutenue par les milices Wazalendo et l'armée burundaise, aux rebelles du Front pour la refondation de la nation, le FRN, soutenus par le Rwanda.
Depuis la dernière restructuration de leur mouvement, les rebelles tentent de reprendre la ville d'Uvira qui avait été brièvement occupée par l'ancienne organisation rebelle de l'AFC/M23.
Selon plusieurs témoins, de fortes détonations ont été entendues dans des villages montagneux du territoire de Walungu, qui surplombent le territoire d'Uvira.
Il y a presque un an, les rebelles avaient suivi la route nationale numéro cinq pour atteindre la ville d'Uvira, en passant par la plaine de la rivière Ruzizi.
Contourner la défense des FARDC
Selon la société civile locale, les rebelles empruntent désormais les massifs qui surplombent Uvira, afin de contourner l'important dispositif mis en place par l'armée congolaise et les Wazalendo, sur la route qui longe la rivière Ruzizi.
Acteur de la société civile, Pacifique Kararuka explique qu'"il y a beaucoup d'affrontements au niveau des hauts plateaux. Les rebelles M23/FRN ont attaqué beaucoup de positions des FARDC et des Wazalendo, mais ils ont été repoussés. Les populations qui étaient là ont pris la fuite vers la forêt d'Itombwe".
L'insécurité complique les efforts de protection des civils, le rétablissement des activités socio-économiques et l'accès humanitaire.
Cet habitant du village de Munanira, qui a préféré conserver l'anonymat, exprime ses inquiétudes : "Cela m'inquiète parce que nous n'avons plus la possibilité de quitter nos villages pour d'autres zones, pour nous procurer à manger ou pour les soins médicaux. Nos enfants ne peuvent plus étudier sous les bombes. Les civils masculins sont suspectés par toutes les parties d'appartenir au camp adverse. Les humanitaires ne peuvent même pas nous atteindre en raison des combats, donc c'est une souffrance terrible chez nous."
Appel à une journée ville morte à Uvira
Face à la menace du FRN, la société civile d'Uvira a appelé à une journée ville morte, vendredi (30.10), pour protester contre la guerre. Mais la mairie d'Uvira a interdit cette journée, ainsi que toute manifestation, jusqu'à nouvel ordre.
Elle met aussi en garde contre la guerre numérique et la désinformation sur les réseaux sociaux.
Membre du collectif des fact-checkeurs de la RDC, Loni Irenge Joël appelle les habitants à la prudence. Il rappelle que "quand on tombe sur une information qui circule sur les réseaux sociaux, le premier réflexe, c'est de douter d'abord de cette information. Nous appelons la population à faire confiance aux sources crédibles. La désinformation en temps de guerre est beaucoup plus dangereuse que les armes".
Malgré les bombardements dans les montagnes, les activités économiques se déroulent encore normalement dans la ville d'Uvira et dans les villages environnants. Les habitants déplorent néanmoins les perturbations récurrentes des réseaux de télécommunication.
Sanctions américaines contre le ministère rwandais de la Défense
Enfin, le trésor américain vient de sanctionner le ministère rwandais de la défense ce mercredi. Il l'accuse de superviser le déploiement de milliers des soldats dans l'est de la République démocratique du Congo. Selon Washington, ces soldats rwandais combattent aux côtés du M23 et lui fournissent matériel, logistique et formations.
Les Etats-Unis sanctionnent aussi Zigama crédit and saving society, une institution financière liée aux services de sécurité rwandais. Ils l'accusent de faciliter des achats d'armes pour l'armée rwandaise et l'acheminement vers Kigali de l'or provenant des territoires contrôlés par les rebelles.
Washington lui reproche aussi de faciliter des transactions de plusieurs dizaines de millions de dollars pour le M23 et l'Alliance fleuve Congo.